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La route est longue mais la voie est libre…
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Workshop CHATONS aux RMLL le 7 juillet

jeu, 22/06/2017 - 09:37

Nous vous avons déjà parlé des Rencontres Mondiales du Logiciel Libre, qui auront lieu cette année à St-Étienne, du 1er au 7 juillet (très bientôt, donc !). Si vous n’avez pas encore lu l’interview d’une partie de l’organisation, foncez-y, ça donne envie de venir :)

Framasoft sera évidemment présente lors des RMLL (sans doute en petit comité, car en ce début d’été, nos membres seront un peu dispersés sur différents événements ou … en congés !). N’hésitez donc pas à venir à notre rencontre, ou à assister à l’une de nos conférences :)

Mais l’objet de ce billet, est surtout de vous annoncer que l’organisation des RMLL a proposé de réserver la journée du vendredi 7 à … une réunion de chatons !

Le collectif en action

 

 

Vous le savez peut-être, le Collectif des Hébergeurs Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires (C.H.A.T.O.N.S.) est un collectif de particuliers et de structures qui proposent à leurs communautés des services en ligne Libres, Éthiques, Décentralisés et Solidaires.

Framasoft a impulsé en octobre dernier ce collectif, et est l’un de ses 30 membres actuels.

Le collectif est toujours en phase de structuration et, tel un logiciel libre, est en développement permanent : on y ajoute des fonctionnalités, on explore des possibles, on corrige des bugs, on essaie de faire communauté, etc.

Les moments de rencontre, que ça soit entre membres du collectif, ou pour échanger avec des personnes connaissant peu ou pas le projet CHATONS, sont donc primordiaux.

L’opportunité offerte par les RMLL de nous proposer un temps long (1 journée complète) est donc à saisir !

Cette journée permettra, le matin, de rappeler (très rapidement) les objectifs, de présenter le fonctionnement actuel, et de travailler ensemble la « roadmap ». L’après-midi sera, lui, consacré à des ateliers thématiques (probablement : « juridique », « technique », « communication » et « organisation/économie ») en mode barcamp (= les personnes présentes choisiront elles-mêmes les thèmes de travail).

Bref, vous pourrez poser toutes les questions que vous avez toujours voulu savoir sur CHATONS, mais surtout nous proposer des patches sur la façon dont nous pourrions améliorer le fonctionnement du collectif.

Merci encore aux organisateur⋅ice⋅s des Rencontres de nous offrir ce temps de partages, d’échanges, de réflexion et de production !

Un panier de CHATONS, parce qu’on sait que vous aimez ça !

 

Et, en cadeau, deux petites vidéos (qui s’ouvriront au clic dans un nouvel onglet sur Vimeo) qui, nous l’espérons, vous donneront envie de venir aux RMLL :

Interview PY GOSSET – RMLL2017

Interview Simon CHANSON – RMLL2017

La face cachée du web, de la vie, de l’univers, du reste

mar, 20/06/2017 - 07:02

Nous sommes bombardés presque chaque semaine d’alertes à la catastrophe numérique ou de pseudo-enquêtes au cœur du Dark Web, censé receler des dangers et des malfaisants, quand il ne s’agit pas d’une conspiration pour diriger le monde.

Une fois retombé le coup de trouille, on se remet à regarder des photos de chatons sur le ouèbe. Mais un éclair de lucidité, parfois, troue le brouillard : comment je sais ce qu’il y a de vrai là-dedans ? Entre la fantasque théorie du complot et les authentiques agissements de personnages obscurs, comment trier ?
Il n’est pas facile d’accéder à une information fiable : les spécialistes sont peu nombreux, plutôt discrets (nous avons par exemple vainement essayé pendant deux ans d’obtenir une interview d’une « pointure »), voire peu enclins à communiquer au-delà des anathèmes volcaniques qu’ils déversent de loin en loin sur les mauvaises pratiques, ce qui n’aide pas trop le commun des mortels.

C’est pourquoi la parution récente du livre de Rayna Stamboliyska « La face cachée d’Internet » nous apparaît comme une excellente nouvelle : son livre est celui d’une spécialiste qui s’efforce de mettre à notre portée des éléments parfois épineux à comprendre. Quand on a comme elle fait une thèse en génétique et bio-informatique et un master spécialisé en « défense, sécurité et gestion de crise », on n’a pas forcément l’envie et le talent de s’adresser à tous comme elle fait fort bien.

Merci donc à Rayna pour cet effort d’éducation populaire et pour avoir accepté de répondre à quelques questions pour le Framablog, parce qu’elle ne mâche pas ses mots et franchement ça fait plaisir.

 

Salut Rayna, peux-tu te présenter ?

— Je trolle, donc je suis ?

Ce qui m’intéresse, c’est la gestion de l’incertitude et comment les organisations y font face. Du coup, j’ai tendance à saouler tout le monde quand je parle de sextoys connectés par exemple, parce que ça tourne notamment autour des modèles de menaces et des façons de les pwn (i.e., les compromettre techniquement).

Au cours de mes études, ma thématique a toujours été l’impact de la technique et des données (qu’elles soient ouvertes ou non) sur nous, avec un focus qui a graduellement évolué pour passer de la recherche vers les situations de conflits/post-conflits (armés, j’entends), vers l’évaluation de risques et la gouvernance de projets techniques en lien avec les données.

Avoir un nom d’espionne russe, c’est cool pour parler de surveillance de masse ?

Mmmm, je suis plus parapluie bulgare que tchaï au polonium russe, mais admettons. Quant à la surveillance de masse… faut-il une nationalité particulière pour s’en émouvoir et vouloir s’y opposer ?

Ce que mes origines apportent en réalité, c’est une compréhension intime d’enjeux plus globaux et de mécanismes de gouvernance et d’influence très différents auxquels les pays occidentaux dont la France n’ont pas été franchement confrontés. Ainsi, les oppositions que je peux formuler ne sont pas motivées par une position partisane en faveur de telle asso ou telle autre, mais par des observations de comment ça marche (#oupas) une fois implémenté.

C’est sûr, la Stasi et les régimes communistes totalitaires de l’Est n’appelaient pas ça big data  ; mais l’idée était la même et l’implémentation tout aussi bancale, inutile et inefficace. La grosse différence est probablement que ces régimes disposaient de cerveaux humains pour analyser les informations recueillies, chose qui manque cruellement à l’approche actuelle uniquement centrée sur la collecte de données (oui, je sais, il y a des algorithmes, on a de la puissance de calcul, toussa. Certes, mais les algos, c’est la décision de quelqu’un d’autre).

Au risque de vous spoiler la fin de mon bouquin, il faut bien comprendre ce qui se joue et y agir avec finesse et pédagogie. La recherche du sentiment de sécurité nous est inhérente et, rappelons-le, est très souvent indépendante de la réalité. Autrement dit, on peut très bien se sentir protégé⋅e alors que les conditions matérielles ne sont pas réunies pour qu’on le soit. Mais parfois, le sentiment de sécurité, même s’il n’est pas fondé, suffit pour prévenir de vrais problèmes. Il y a donc un équilibre vraiment difficile à trouver : c’est le moment de sortir le cliché des 50 nuances de sécu et d’en rajouter une couche sur la finesse et la pédagogie des approches. Si nous sommes les sachant⋅e⋅s d’un domaine, alors comportons-nous en adultes responsables et faisons les choses correctement.

Dans le cas de la surveillance généralisée, ces efforts sont d’autant plus indispensables qu’on est face à une situation très complexe où des questions techniques, politiques et de sécurité des populations se mélangent. Il ne faut pas oublier qu’on n’est pas outillés pour comprendre comment fonctionne le renseignement uniquement parce qu’on est un⋅e adminsys qui tue des bébés phoques à coup de Konsole (oui, je suis une fière fan de KDE).

Et Malicia Rogue, elle va bien ? Pourquoi cette double identité en ligne ?

Nous allons bien, merci :-) La double identité date d’il y a très longtemps (2005, par là) et elle était à l’origine motivée par le fait que la science et la politique ne font pas bon ménage. En effet, dans une précédente vie, je faisais de la recherche (génétique évolutive, maladies infectieuses, bio-informatique) ; dans ce monde-là, la prise de position politique est souvent perçue comme une tare. Du coup, il était important de tenir les deux identités séparées, de la façon la plus étanche possible de préférence.

Est-ce que tu es une Anonymousse (au chocolat) ?

Oui, mais chocolat noir seulement, et merci de me passer la cuillère aussi.

Nous, on sait que tu es légitime pour parler de sécurité informatique, mais on a vu que dans un milieu souvent très masculin tu t’es heurtée à des personnes qui doutaient à priori de tes compétences. Et ne parlons pas des premiers à réagir qui n’ont rien lu mais tout compris  ! Pas de problème de ce côté avec ton éditeur ?

Alors, plusieurs choses ici. Je sais que ça va susciter l’ire de plein de gens, mais il faut dire les choses clairement : il y a un sexisme quotidien dans les milieux tech et science. Je suis sûre que ça existe ailleurs aussi, hein, mais disons que ce qui nous préoccupe ici, c’est le milieu tech.

C’est un grand mystère, d’ailleurs. Je viens de l’Est, où malgré toutes les mauvaises choses, les organes génitaux de naissance n’ont pas vraiment été un critère de compétence. On m’a éduquée à faire des choses réfléchies et à savoir argumenter et structurer mes opinions : ce sont les actions qui parlent. La pire discrimination à laquelle j’ai eue à faire face, a été de faire de la bio (une « sous-science » pour mes profs de maths à la fac et ma mère, prof de maths sup’ aussi).

Du coup, débarquer en Europe de l’Ouest et dans le pays des droits humains pour me heurter à la perception qu’avoir des ovaires fait de quelqu’un un sous-humain a été un choc. Et c’est encore pire quand on y pense : les stéréotypes sexistes, c’est bidirectionnel, ils font pareillement mal à toutes les personnes qui les subissent. J’ai décidé de continuer à faire comme d’habitude : construire des trucs. Si je commets des erreurs, je corrige, et si on m’embête inutilement, je mords poliment. :-)

C’est harassant à la longue, hein. Je pense qu’il faut réguler ce genre de réactions, ensemble. C’est très simple : si l’on vous fait vous sentir que vous êtes malvenu⋅e, la plupart du temps la réaction est la fuite. Si on me fait me sentir malvenue, je pars, je serai bien accueillie ailleurs et les projets passionnants avec des gens adorables ne manquent pas. Alors, c’est dommage pour les projets, certes intéressants, mais portés par ceux et celles qui s’imaginent qu’être rustre à longueur de journée, c’est avoir un caractère fort et assumé.

Quant à mon éditeur… On a passé plus de 4 heures à discuter lors de notre première rencontre, il fallait cadrer le sujet et le calendrier. La question de genre ne s’est jamais posée. J’avais face à moi des gens intéressés et passionnés, j’ai fait de mon mieux pour répondre à la demande et … c’est tout. :-)

Tu es proche des assos du libre ou farouchement indépendante ?

Les deux, mon capitaine. Même si j’apprécie mon statut d’électron libre.

Ton bouquin parle du darkweb. Mais alors ça existe vraiment ?

Beh oui. C’est l’ensemble des pages web dont la CSS contient :

background : #000 !important ;

Ton ouvrage est particulièrement bienvenu parce qu’il vise à démystifier, justement, ce fameux darkweb qui est surtout une sorte de réservoir à fantasmes divers.

Une petite critique tout de même : la couverture fait un peu appel au sensationnalisme, non ?

C’est ton choix ou celui de l’éditeur ?

Alors… il y a eu plusieurs versions de couverture sur lesquelles j’ai eu un pouvoir limité. La v.1 était la pire : il y avait un masque Anonymous dessus et du code Visual Basic en arrière-plan. J’ai proposé de fournir des bouts de vrai code de vrais malwares en expliquant que ça nuirait sensiblement à la crédibilité du livre si le sujet était associé pour la postérité à une disquette. Par la suite, le masque Anonymous a été abandonné, j’aime à penser suite à mes suggestions de faire quelque chose de plus sobre. On est donc resté sur des bouts du botnet Mirai et du noir et rouge.

Outre le fait que ce sont mes couleurs préférées et qu’elles correspondent bien aux idées anarchistes qui se manifestent en filigrane ci et là, je l’aime bien, la couv’. Elle correspond bien à l’idée que j’ai tenté de développer brièvement dans l’intro : beaucoup de choses liées au numérique sont cachées et il est infiniment prétentieux de se croire expert ès tout, juste parce qu’on tape plus vite sur son bépo que le collègue sur son qwerty. Plus largement, il y a une vraie viralité de la peur à l’heure du numérique : c’est lorsque le moyen infecte le message que les histoires menaçantes opèrent le mieux, qu’elles aient ou non un fondement matériel. Dans notre cas, on est en plein dans la configuration où, si on pousse un peu, « Internet parle de lui-même ».

Enfin, les goûts et les couleurs… Ce qui me fait le plus halluciner, c’est de voir le conditionnement chez de nombreuses personnes qui se veulent éduquées et critiques et qui m’interpellent de façon désobligeante et misogyne sur les réseaux sociaux en m’expliquant qu’ils sont sûrs que ce que je raconte est totalement débile et naze parce que la couverture ne leur plaît pas. Je continue à maintenir que ce qui compte, c’est le contenu, et si d’aucuns s’arrêtent aux détails tels que le choix de couleurs, c’est dommage pour eux.

Élection de Trump, révélations de Snowden, DieselGate, Anonymous, wannaCry, tous ces mots à la mode, c’est pour vendre du papier ou il faut vraiment avoir peur ?

Da.

Plus sérieusement, ça ne sert à rien d’avoir peur. La peur tétanise. Or, nous, ce qu’on est et ce qu’on veut être, c’est des citoyens libres ET connectés. C’est comprendre et agir sur le monde qu’il faut, pas se recroqueviller et attendre que ça se passe. J’en profite d’ailleurs pour rappeler qu’on va nous hacher menu si on ne se bouge pas : revoyons nos priorités, les modèles de menaces législatifs (au hasard, le projet de loi anti-terrorisme), soutenons La Quadrature, des Exégètes, etc. et mobilisons-nous à leurs côtés.

Est-ce que tu regrettes qu’il n’y ait pas davantage d’implication militante-politique chez la plupart des gens qui bossent dans le numérique ?

Oui. Du coup, c’est digital partout, numérique nulle part. J’ai vraiment l’impression d’être projetée dans les années où je devais prévoir deux identités distinctes pour parler science et pour parler politique. Aujourd’hui, ce non-engagement des scientifiques leur vaut des politiques publiques de recherche totalement désastreuses, des gens qui nient le changement climatique à la tête du ministère de la recherche aux USA, etc. Le souci est là, désolée si je radote, mais : si on n’est pas acteur, on est spectateur et faut pas venir couiner après.

Quel est le lectorat que vise ton livre : le grand public, les journalistes, la communauté de la sécurité informatique… ? Est-ce que je vais tout comprendre ?

Il y a un bout pour chacun. Bon, le grand public est une illusion, au même titre que la sempiternelle Mme Michu ou que sais-je. Cette catégorie a autant d’existence que « la ménagère de moins de 50 ans » dans le ciblage publicitaire de TF1. J’ai aussi gardé mon style : je parle comme j’écris et j’écris comme je parle, je crois que ça rend la lecture moins pénible, enfin j’espère.

Les non-sachants de la technique ne sont pas des sous-humains. Si on veut travailler pour le bien de tous, il faut arrêter de vouloir que tout le monde voie et vive le monde comme on veut. Vous préférez que votre voisin utilise Ubuntu/Debian/Fedora en ayant la moitié de sa domotique braillant sur Internet et en risquant un choc anaphylactique face au premier script kiddie qui pwn son frigo connecté pour déconner, ou bien que les personnes utilisent des outils de façon plus sensible et en connaissance des risques ? Perso, à choisir, je préfère la 2e option, elle m’a l’air plus durable et contribue – je crois – à réduire la quantité globale d’âneries techniques qui nous guettent. Parce que la sécurité du réseau est celle de son maillon le plus faible. Et on est un réseau, en fait.

Je pense que chacun y trouvera des choses à se mettre sous la dent : une lecture moins anxiogène et plus détaillée de certains événements, une vision plus analytique, des contextualisations et une piqûre de rappel que les clicodromes et les certifs ne sont pas l’alpha et l’oméga de la sécurité, etc. Les retours que je commence à avoir, de la part de gens très techniques aussi, me confortent dans cette idée.

Tu rejoins la position d’Aeris qui a fait un peu de bruit en disant : « On brandit en permanence le logiciel libre à bout de bras comme étant THE solution(…). Alors que cette propriété n’apporte en réalité plus aucune protection.  » ?

Je l’ai même référencé, c’est dire :-)

Plus largement, j’ai été très vite très frustrée par le fait que les libertés fournies par le logiciel libre ignorent totalement … ben tout le reste. Il a fallu attendre des années pour que le discours autour du logiciel englobe aussi les données, les contenus éducatifs, les publications scientifiques, etc. Il n’y a pas de synthèse et les voix qui appellent à une vision plus systémique, donc à des approches moins techno-solutionnistes, sont très rares. La réflexion d’Aeris est une tentative appréciable et nécessaire de coup de pied dans la fourmilière, ne la laissons pas péricliter.

Qu’est-ce qui est le plus énervant pour toi : les journalistes qui débitent des approximations, voire des bêtises, ou bien les responsables de la sécu en entreprise qui sont parfois peu compétents ?

Les deux. Mais je pense que de nombreux journalistes prennent conscience d’ignorer des choses et viennent demander de l’aide. C’est encourageant :-) Quant aux RSSI… il y a de très gros problèmes dans les politiques de recrutement pour ces postes, mais gardons ce troll cette discussion pour une prochaine fois.

L’un de tes titres est un poil pessimiste : « on n’est pas sorti de l’auberge ». C’est foutu, « ils » ont gagné ?

« Ils » gagneront tant qu’on continue à s’acharner à perdre.

Je suis un utilisateur ordinaire d’Internet (chez Framasoft, on dit : un DuMo pour faire référence à la famille Dupuis-Morizeau), est-ce que j’ai un intérêt quelconque à aller sur le darkweb ? Et si j’y vais, qu’est-ce que je risque ?

Je ne sais pas. Je suis une utilisatrice ordinaire des transports en commun, est-ce que j’ai un intérêt quelconque à aller en banlieue ? L’analogie m’est soufflée par cet excellent article.

Mais bon, j’ai assez spoilé, alors je ne dirai qu’une chose : GOTO chapitre 3 de mon livre, il ne parle que de ça. ;-)

On a noté un clin d’œil à Framasoft dans ton livre, merci. Tu nous kiffes ?

Grave. :-)

Mais alors pourquoi tu n’as pas publié ton bouquin chez Framabook ?

Parce que ce n’est pas à « nous » que je m’adresse . La famille Michu, la famille DuMo, bref, « les gens » quoi, ont des canaux d’information parallèles, voire orthogonaux à ceux que nous avons. Je ne veux pas prêcher des convaincus, même si je sais très bien que les sachants de la technique apprendront beaucoup de choses en me lisant. Ce n’est pas de la vantardise, ce sont des retours de personnes qui m’ont lue avant la publication, qui ont fait la relecture ou qui ont déjà fini le bouquin. Pour parler à autrui, il faut le rencontrer. Donc, sortir de chez nous !

D’ailleurs, j’en profite pour râler sur ces appellations ignares auxquelles je cède parfois aussi : Mme/la famille Michu, la famille DuMo ou, pire, le déshumanisant et préféré de nombreux libristes qu’est « les gens ». Ce sont d’autres humains et on ne peut pas se plaindre qu’ils ne veulent pas s’intéresser à nos sujets super-méga-trop-bien en les traitant d’imbéciles. On est toujours les gens de quelqu’un (dixit Goofy que je cite en l’état parce qu’il a raison).

Tu déclares dans un Pouet(*) récent : « …à chaque fois que le sujet revient sur le tapis, je me pose la même question : devrait-on continuer à décentraliser (== multiplier de très nombreuses structures petites, agiles *et* potentiellement fragiles) ou clusteriser davantage pour faire contrepoids ? Je n’ai pas de réponse pour l’instant… » Est-ce que tu es sceptique sur une initiative comme celle des CHATONS, qui vise justement à décentraliser ?

Ce n’est pas une question de scepticisme à l’égard de [insérer nom de techno/asso/initiative chérie ici].

Prenons un exemple annexe : l’anarchisme comme mode d’organisation politique. Fondamentalement, c’est le système le plus sain, le plus participatif, le moins infantilisant et le plus porteur de libertés qui soit (attention, je parle en ayant en tête les écrits des théoriciens de l’anarchisme, pas les interprétations de pacotille de pseudo-philosophes de comptoir qu’on nous sert à longueur de journée et qui font qu’on a envie de se pendre tellement ça pue l’ignorance crasse).

Il y a cependant différents problèmes qui ont cristallisé depuis que ce type d’organisation a été théorisé. Et celui qui m’apparaît comme le plus significatif et le moins abordé est la démographie. Faire une organisation collégiale, avec des délégués tournants, ça va quand on est 100, 10 000 ou même 1 million. Quand on est 7 milliards, ça commence à être très délicat. Les inégalités n’ont pas disparu, bien au contraire, et continuent à se transmettre aux générations. Les faibles et vulnérables le demeurent, au mieux.

Résultat des courses : il y a une vision élitiste – et que je trouve extrêmement méprisante – qui consiste à dire qu’il faut d’abord éduquer « les gens » avant de les laisser s’impliquer. Le problème avec la morale, c’est que c’est toujours celle des autres. Alors, le coup de « je décide ce qui constitue une personne civiquement acceptable d’après mon propre système de valeurs qui est le plus mieux bien de l’univers du monde » est constitutif du problème, pas une solution. Passer outre ou, pire, occulter les questions de gouvernance collective est dangereux : c’est, sous prétexte que machin n’est pas assez bien pour nous, créer d’autres fossés.

Pour revenir à la question de départ donc, je suis une grande fan de la décentralisation en ce qu’elle permet des fonctionnements plus sains et responsabilisants. Ce qui me manque est une organisation rigoureuse, une stratégie. Ou probablement il y en a une, mais elle n’est pas clairement définie. Ou probablement, notre détestation du « management » et de la « communication » font qu’on s’imagine faire du bazaar durable ? Le souci est que, de ce que j’ai vu par ex. au CCC, pour que le bazaar marche, y a une p*tain de cathédrale derrière (rappel : « L’anarchie est la plus haute expression de l’ordre. »). La rigueur d’une organisation n’est pas un gros mot. Est-on prêt-es à s’y astreindre ? Je ne sais pas.

Après, j’ai une propension non-négligeable à me faire des nœuds au cerveau et à aimer ça. Ptet que je m’en fais inutilement ici… mais sans débat régulier et des échanges plus ouverts, comment savoir ?

Le dernier mot est pour toi, comme d’hab sur le Framablog…

Le tact dans l’audace, c’est savoir jusqu’où on peut aller trop loin. Beaucoup sont passionné⋅e⋅s par les questions et les enjeux du numérique, tellement passionné⋅e⋅s que leurs comportements peuvent devenir pénibles. Je pense aux micro-agressions quotidiennes, aux vacheries envoyées à la tronche de certain⋅e⋅s et au sexisme ordinaire. Beaucoup sont épuisés de ces attitudes-là. Il ne s’agit pas de se vivre en Bisounours, mais de faire preuve de tact et de respect. Celles et ceux qui s’échinent à porter une bonne et raisonnable parole publiquement ont déjà assez à faire avec toutes les incivilités et l’hostilité ambiantes, ils n’ont pas besoin de votre mauvaise humeur et manque de tact.

Pensez-y au prochain pouet/tweet/mail/commentaire IRC.

 

Pour en savoir plus : http://www.face-cachee-internet.fr/
Pour rencontrer Rayna à la librairie de Bookynette

(*)Pour retrouver les Pouets de Malicia Rogue sur le réseau social libre et fédéré Mastodon

 

 

 

 

Framapic : un nouvel outil pour créer une galerie photo !

ven, 16/06/2017 - 07:57

Framapic, notre outil d’hébergement d’images, est basé sur Lutim, un logiciel développé par Luc, notre administrateur-système, souvent sur son temps libre.

Inutile de vous dire que nous aussi, on se demande quand il prend le temps de dormir, quand on voit les évolutions qu’il apporte à son code !

Une galerie photo à portée de clic !

La dernière nouveauté en date est de taille : on peut désormais créer une galerie d’images depuis la liste des fichiers envoyés. Un lien vers une galerie était déjà créé lors de l’envoi de plusieurs images, mais on devait envoyer toutes les images de sa galerie en une seule fois.

Or Framapic (à l’aide du localstorage) peut se souvenir des images que vous avez versées sur nos serveurs. Il ne manquait plus qu’un outil permettant de piocher dans vos images pour choisir ce que vous désirez mettre dans votre galerie… Vous en avez rêvé ? (nous aussi ^^ !)

Eh bien Luc l’a fait ! Vous pouvez maintenant en créer une n’importe quand à partir de votre bibliothèque et partager cette galerie photo en un seul lien !

La preuve en images

Pouhiou veut rassembler les images des deux derniers Framabooks (La Nef des Loups, et Grise Bouille Tome 2) et de leurs auteurs dans une galerie. Il sait qu’il a déjà envoyé la couverture de Grise Bouille et la photo de son auteur, Gee, sur Framapic. Il commence donc par ajouter les fichiers de La Nef des loups : la couverture du livre et la photo de Yann Kervran, son auteur.

Roh ! Tout plein de liens pour faire tout plein de les choses !

Alors certes, Pouhiou voit qu’il a un lien vers la galerie de ces deux images (cf. l’encadré rouge), mais les autres photos se trouvent déjà dans Framapic… Et puis Pouhiou est une tête de linotte, il oublie de copier ce lien et ferme cet onglet pour aller voir une vidéo de tricot.

Quelques heures plus tard (oui : le tricot, c’est long), Pouhiou revient sur Framapic et décide de construire sa galerie. Pour cela, il clique sur « Mes images ».

C’est relativement facile à trouver, se dit-il.

Là, il se trouve devant un tableau récapitulant les images qu’il a déjà ajoutée à Framapic. Il lui suffit de cocher les quatre qui l’intéressent et de copier le lien de la galerie, en haut (d’ailleurs, le petit bouton à droite du lien de la galerie copie automatiquement ce long lien dans son presse-papier… pratique !)

Image élue gif de l’année.

Une fois le lien copié, il lui suffit de le coller dans la barre d’adresse de son navigateur pour le voir, ou dans un email, par exemple, s’il veut le partager. Et le résultat est là !

D’ailleurs, ce sont des supers livres pour cet été. À découvrir sur Framabook.

Voilà, désormais, créer une galerie d’images qui respecte les données de chacun·e, c’est simple comme quelques clics ! Merci, Luc !

Pour aller plus loin :

Framavox : faites encore mieux entendre votre voix !

ven, 16/06/2017 - 07:13

Il y a quelques mois, nous vous présentions Framavox, un outil de prise de décisions en groupe, de manière horizontale. Aujourd’hui, découvrons ensemble les nouvelles fonctionnalités de ce service.

Loomio, l’outil que les GAFAM n’ont même pas :p !

Le principe est simple : vous vous créez un compte, une équipe, vous y invitez vos collaborateurs et collaboratrices (et/ou vous les rejoignez dans une équipe déjà créée : on peut appartenir à plusieurs équipes !) et vous discutez de vos projets. À n’importe quel moment, chacun·e peut proposer un vote (avec une date de fin de vote) pour savoir où l’équipe en est. Notons que le logiciel Loomio, qui propulse Framavox, est aussi beau que pratique : on dirait un mur Facebook, mais en plus clair, aéré, dépouillé.

Loomio est développé par une entreprise sociale (sobrement nommée « Loomio »), des personnes qui ne cessent de nous émerveiller par leur réactivité, leur inventivité, et l’intelligence qu’ils/elles mettent dans leur logiciel libre (d’ailleurs, si vous voulez les soutenir, quittez vite Framavox pour prendre un hébergement chez eux !)

« Loomio permet de gagner du temps » : on confirme !

Récemment, cette joyeuse équipe a apporté une mise à jour majeure du logiciel Loomio. Non seulement cette mise à jour apporte encore plus d’ergonomie, mais surtout elle vous donne désormais le choix entre 5 différents types de votes (contre un auparavant).

Nous nous sommes empressé·e·s de mettre à jour le Loomio de Framavox pour que vous puissiez profiter au plus vite de cet outil qui sert déjà de nombreuses communautés militantes, associatives, etc. Notez cependant que des traductions en français (dans le logiciel et la documentation) ne sont pas encore finalisées… mais on y travaille !

En attendant, laissez-nous vous présenter les nouveautés de Framavox en ressuscitant le G.A.G., le « Groupe d’Action pour le Gras », qui nous avait déjà servi d’exemple factice lors de la présentation de Framavox.

Le G.A.G. organise son festival « Le Gras, c’est la vie ! »

Sandrine est ravie : depuis que le G.A.G. s’est mis à Framavox, on peut recentrer les discussions, ne plus perdre de temps dans d’interminables réunions et prendre des décisions horizontales et équitables en tenant compte des voix de chacun·e.

Lors de leur dernière rencontre, le G.A.G. a décidé d’organiser un festival à haute teneur en lipides et délices grassieux. Sandrine se dit que c’est l’occasion rêvée de tester les nouvelles fonctionnalités de Framavox. Elle se rend donc sur Framavox.org et se connecte avec son email et son mot de passe, puis elle clique dans la colonne de gauche pour se rendre sur la page des discussions du G.A.G.

La page du G.A.G. sur le Framavox de Sandrine

 

Déjà, l’interface est plus claire, épurée et ça, ça plaît à Sandrine qui n’aime pas être perdue dans un déluge d’informations. Par exemple, elle note que…

  1. …il y a un bouton « hamburger », ou « menu » et si elle le clique ça…
  2. …affiche ou ça masque la colonne de gauche, qui est claire et éloquente. Elle la masque, puis voit que…
  3. …elle a trois notifications, sur des discussions précédentes.

Pressée de commencer l’organisation de ce nouveau festival, Sandrine va cliquer sur le bouton « New decision » (tiens, la traduction n’a pas encore été faite, se dit-elle, c’est donc que ça a dû changer…). Et là, au lieu de voir l’unique type de vote auquel elle avait droit, elle se retrouve face à 5 possibilités.

Les 5 types de décisions disponibles

 

 

La proposition

Sandrine commence par faire une proposition pour vérifier que le G.A.G. est d’accord pour organiser ce festival. La proposition, elle connaît, c’était le vote qui existait déjà dans Framavox, qui permet d’exprimer un « Oui – Je m’abstiens – Non – Je Bloque le vote ». Ça tombe bien, c’est justement de cela dont elle avait besoin pour débuter ! Elle remplit donc le formulaire :

Elle utilise même les astuces de mise en page !

Puis elle va voir le résultat de son formulaire, afin d’aller donner son opinion.

Voilà ce que verront les participant·e·s à cette proposition.

La vérification

Le projet a été accepté et Sandrine a besoin de savoir qui dans le groupe peut donner du temps sur l’organisation de ce festival, afin de préparer le comité qui travaillera dessus. Elle décide d’utiliser l’outil de vérification de Framavox.

C’est tout simple à remplir !

Le résultat l’étonne : c’est simple, mais efficace ! Elle se dit qu’elle pourra l’utiliser dans de nombreux cas…

Le sondage

Quelques jours plus tard, il y a une décision importante à prendre. La mairie leur laisse le choix dans le lieu que le G.A.G. peut investir sur leur festival. La MJC, la salle des fêtes, la place du marché… Chaque choix a ses avantages et ses inconvénients et le G.A.G. les a déjà pesés dans une discussion Framavox. Sandrine se dit qu’il est l’heure de trancher (dans l’gras !), et décide de lancer un sondage.

Elle rajoute même une blague, pour faire bisquer Gégé.

Là encore, elle apprécie de pouvoir simplement proposer un choix multiple, avec autant de cases qu’elle le voudrait. Il n’y a plus qu’à aller faire entendre sa voix :

Le vote à points

Ça y est, le festival commence à se concrétiser, les sponsors et subventions sont là, le G.A.G. a donc un budget. C’est bien joli, mais suivant les priorités, on peut choisir de le répartir de multiples manières… Sandrine se dit que c’est l’occasion rêvée de tester le vote à points de Framavox : elle attribue 10 points à chaque membres, en leur expliquant que chacun de ces points représenterait 10 % du budget… Ainsi, en faisant la moyenne, elle saura où vont les priorités du G.A.G.

Il suffit d’expliquer à quoi peuvent correspondre les points.

Bien ! Elle a hâte de voir ce que vont donner les résultats, mais avant cela, il lui faut aller attribuer ses 10 points à elle !

Le sondage réunions

Le festival approche à grand pas ! Le comité d’organisation doit donc vite se réunir pour faire le point et mettre en place les derniers préparatifs… Lourde tâche que de trouver une date de réunion qui convienne -_-… D’habitude, pour cela, Sandrine utilisait Framadate, mais dans un groupe déjà établi sur Framavox, ce n’est pas ce qu’il y a de plus pratique. Elle est donc heureuse d’avoir accès à l’outil de sondage réunions :

Easy, quand on connaît déjà Framadate !

C’est sommaire et ça fera parfaitement l’affaire. Sandrine n’oublie pas d’aller voir le résultat pour donner ses disponibilités.

La morale de cette histoire : pour un groupe déjà établi, Framavox (grâce à la puissance du logiciel Loomio) est devenu un outil complet : il est parfait pour cadrer chacune des discussions dans leur propre fil et proposer des votes adaptés en fonction de chaque type de décision que le groupe a à prendre. Et surtout, c’est là un outil qui permet à tou·te·s de faire entendre leur voix, donc d’éviter les jeux de hiérarchie et d’ego qui minent souvent un joyeux groupe comme le G.A.G.

Et si un groupe (factice ^^) dont la devise est « Le Gras, c’est la vie » n’a pas réussi à vous convaincre, ben il ne vous reste plus qu’à… tester par vous-même !

Pour aller plus loin :

La Nef des loups, un framabook au XIIème siècle

jeu, 15/06/2017 - 03:09

Le nouveau Framabook est… un polar historique ! Ce premier tome des aventures d’Ernaut de Jérusalem va vous faire aimer le moyen-âge (ou encore plus, si vous l’aimiez déjà ^^).

Gênes, 1156. Le Falconus quitte le port. À son bord, pèlerins, marchands, membres de l’équipage et… un crime.
« À ainsi te mêler de tout, tu sais que tu t’attires des ennuis. »
Tandis que le jeune Ernaut mène l’enquête, l’exaltation des débuts laisse place à la maturité. Et si le voyage vers la Terre Promise était aussi un cheminement spirituel ?

Dans cette première enquête, à mi-chemin entre polar médiéval et roman d’aventure, Yann Kervran nous embarque dans un huis clos à la fois haletant et érudit. Sur cette inquiétante nef des fous, c’est aussi une partie de nous-mêmes que nous retrouvons, comme si nous étions compagnons d’Ernaut. En maître du genre, l’auteur ne fait pas que nous envoûter, il nous transporte dans ce monde tourmenté des croisades.

Ancien rédacteur en chef de magazines historiques (Histoire Médiévale, Histoire Antique, L’Art de la Guerre…), Yann Kervran se consacre désormais à l’écriture de fiction.

Photographe et reconstitueur historique enthousiaste depuis la fin de ses études universitaires, il trouve dans ces passions l’occasion de concilier goût pour la recherche et intérêt pour la mise en pratique et en scène de savoirs théoriques. Libriste convaincu, il participe de plus à de nombreux projets (dont un jeu vidéo libre !) : nous ne pouvions pas résister à l’envie de l’interviewer !

Cliquez sur la photo de Yann Kervran pour découvrir son site et son univers.

Bonjour Yann, pourrais-tu te présenter brièvement ?

Je suis un passionné d’histoire. J’ai créé et dirigé un certain nombre de magazines papier sur le sujet par le passé et j’ai eu envie de me tourner vers le livre voilà une dizaine d’années. Je fais également de la photographie, toujours sur des sujets historiques, et je donne parfois des conférences. J’ai également été très actif pour la promotion de la reconstitution historique, surtout médiévale, que je pratique depuis plus de vingt ans.

J’ai décidé voilà 5 ou 6 ans de me lancer dans un cycle de romans policiers au Moyen Âge, autour de la Méditerranée, surtout dans les territoires où se déroulaient les Croisades. Dans le troisième quart du XIIe siècle précisément. Je propose également des textes courts, Qit’a, qui prennent place dans cet univers, en périphérie et en marge des principaux récits. Ils sont publiés chaque mois sur mon site.

Tu publies aujourd’hui un roman d’aventures historiques, pourquoi le choix de ce genre ?

Je suis plongé dans l’univers des croisades depuis la fin de mes études et j’ai toujours eu envie d’en faire découvrir l’infinie richesse. C’est à chaque fois un crève cœur pour moi de constater la façon caricaturale dont elle est perçue. C’était ce qui avait motivé la création de mon premier magazine, Histoire Médiévale. Je suis en outre partisan d’une diffusion large des connaissances et la forme du roman d’aventure, du roman policier, me semblaient tout indiqués. J’en suis moi-même très amateur et il faut bien reconnaître que c’est là souvent la base de la culture historique de beaucoup de gens. L’enquête offre l’occasion de s’attacher aux humains, tout en mettant en valeur un ou deux aspects de la société.

Chouette ! C’est bourré d’Histoire ! Mais dis-moi, je peux emmener ton roman sur la plage sans me mettre à dormir ? Y’a une « histoire » avec un petit h ?

C’est là le cœur de mon travail : mettre en forme de façon attrayante toutes les informations que je dévore dans les articles et publications universitaires. Ce n’est que par la fictionnalisation, l’histoire avec un petit h, comme tu dis, que cela pourra se faire. Mes récits concernent des personnes inventées (pour la plupart), mais dont j’espère qu’elles sont des liens, des ami-e-s qui nous prennent par la main pour aller visiter leur monde. L’intrigue policière me donnait l’occasion d’avoir un cadre où faire cela, car j’étais inexpérimenté pour la rédaction de ce genre d’ouvrage. C’est ce qui m’a aidé à franchir le pas : j’avais des codes à respecter.

De façon générale, je ne suis vraiment pas amateur des livres où l’histoire est un décor plaqué sur un récit qui pourrait être moderne, comme peuvent l’être la plupart des films hollywoodiens, qui racontent toujours la même chose, au même rythme. Il me semble qu’il faut vraiment digérer longuement la documentation pour la faire sienne, et ensuite en nourrir son imagination. Il faut faire œuvre alchimique en quelque sorte. Ce n’est pas sans raison si le roman policier historique de référence est Le nom de la rose. Umberto Eco a longuement intériorisé tous les sujets dont il parle et les choses prennent vie sous sa plume sans qu’on ait l’impression de s’y confronter à du carton pâte. Bien au contraire, on en vient à oublier que Guillaume de Baskerville n’a jamais existé, pas plus que le manuscrit d’Adzo.

Cliquez sur la couverture pour aller télécharger et/ou acheter la version papier du Framabook.

Qu’est-ce qui t’attire donc dans ces siècles un peu obscurs ?

À dire le vrai, j’aime l’histoire de façon générale et j’ai choisi de me focaliser sur une courte tranche car on ne peut pas tout faire. Quoi qu’il en soit il me semble que cela m’a particulièrement attiré car j’ai le sentiment qu’il s’agit d’un siècle des possibles. Le monde est ouvert, bouillonnant, empli de symboles encore vivants, riches de potentiel. C’est à ce moment que le chœur de Saint-Denis est édifié, rien d’obscur là-dedans.

Mais c’est aussi une culture radicalement autre, même en Europe. Ils vivent dans un univers mental complètement étranger au nôtre, malgré la filiation que certains en tracent. De plus, en plaçant ma saga essentiellement au Moyen-Orient, j’augmente l’altérité. Mais en même temps, j’espère en faire percevoir toute l’humanité, les passions semblables, malgré les apparentes dissemblances.

Tu as dû te documenter assez longuement et de façon approfondie, est-ce parce que tu veux atteindre un certain réalisme ? Parce que tu as voulu donner un aspect documentaire au récit ?

Absolument. Cela fait partie selon moi du contrat passé avec lecteur : je me dois d’être le plus précis possible si je veux mériter le terme « historique ». À défaut d’une obligation de résultat, je me fixe une obligation de moyens. Je me tiens donc le plus possible au courant des dernières recherches (c’est pour cela que je fournis toujours une petite bibliographie). C’est aussi pour cela que j’indique le jour et le lieu précis de chaque scène, de façon à permettre de replacer chaque petit élément dans le cadre plus large de l’Histoire. Quand cela n’est pas fait, c’est juste pour ne pas trop en dévoiler au lecteur, pour les besoins narratifs.

Mais dans le wiki qui me sert à tracer tout cela, c’est noté précisément.

Tu décris des éléments de paysage, des odeurs, des couleurs qui permettent aux lecteurices de s’imaginer les lieux. Tu es allé dans les régions que tu évoques ?

En rêve souvent. Mais uniquement au XIIe siècle. Je n’ai malheureusement jamais eu l’occasion d’aller au Moyen-Orient, je ne connais l’endroit que par les textes des chroniqueurs et voyageurs, ainsi que grâce à quelques correspondants. Par contre, pour les scènes qui se déroulent en Europe, c’est souvent lié à des endroits qui me parlent personnellement : j’ai grandi à la Charité-sur-Loire, en Bourgogne, je vis désormais dans le Cantal (où passe mon héros Ernaut et d’où viennent certains personnages secondaires).

Jusqu’à quel degré de précision historique vas-tu ?

Aussi loin que mon temps et la documentation que j’arrive à m’offrir me le permettent. J’essaie par exemple de vérifier les quartiers de lune ou le prix des denrées quotidiennes aussi bien que l’origine des proverbes et dictons. Là encore, je ne prétends pas ne jamais faire d’erreur, mais j’essaie de les éviter au mieux en m’appuyant sur des travaux de recherche de spécialistes. Je dis souvent que je ne suis absolument pas historien (je n’en ai pas les méthodes ni les objectifs), mais je suis néanmoins un expert de cette période. Des amis universitaires sont d’ailleurs souvent enthousiasmés de voir que je donne vie à une hypothèse peu connue ou que je fais référence par sous-entendu à des aspects de leur spécialité de recherche. C’est aussi une façon de rendre hommage à leur travail de bénédictin, tout en servant de passeur vers le grand public.

Est-ce que c’est difficile de caser une intrigue dans la réalité historique si tu te donnes aussi peu de liberté ?

Bien sûr que non, c’est au contraire une formidable source de jouvence. J’ai des idées qui naissent à chaque lecture de charte ou d’article historique. Il y a tellement de blancs, de non-dits, de négligés de l’histoire qu’il y a largement la place pour que l’imagination s’y déploie, nourrie de ces informations. Je ne fais que proposer des liens, des relations, des symboles, qui unissent et mettent en valeur ce que je perçois de la réalité historique. C’est incroyablement libérateur.

L’époque des croisades te passionne. Dans le roman, tu relates les relations entre les cultures de l’époque en restant assez factuel, ton narrateur ne prend pas parti. Est-ce que tu penses comme d’autres (Amin Maalouf, par exemple) que cette période a durablement influencé le monde d’aujourd’hui ?

Bien sûr. C’est valable de toute période historique, mais ce qui est particulièrement vivace avec les Croisades, c’est que cela alimente des discours extrêmement politisés, aux extrêmes. Je ne cherche pas à l’idéaliser, je suis très heureux de vivre au XXIe siècle en France, mais ce n’est pas une raison pour n’y voir que des arguments utilisables a posteriori. Les individus qui vivaient à cette époque avaient leurs propres valeurs, leur vision du monde et leur humanité. Leur logique, pour autant qu’ils puissent en avoir une (quand on pense à soi, on se dit que la cohérence n’est pas notre fort), est interne à leur culture, leur civilisation, leur histoire personnelle. Je cherche avant tout à rendre cela sensible : ils sont, fondamentalement comme nous, tout en étant autre. Loin et proches à la fois.

C’est de là d’ailleurs que vient le terme qui désigne mon univers romanesque « Hexagora ». Cela fait référence à la théorie des 6 degrés de séparation (ou 7, ou 8, cela dépend) : nous sommes une chaîne de relations, et jamais très éloignés les uns des autres. Pour les curieux, je m’en explique un peu plus dans un court texte sur mon blog.

Ton roman historique est plein de rebondissements, des crimes et des énigmes, une trame largement policière… Quelles sont les lectures qui t’ont inspiré ou donné envie d’écrire dans ce genre ?

Je l’ai déjà cité, mais il y a bien évidement Le nom de la rose, qui constitue un canon du genre. Il y a ensuite la série des enquêtes de frère Cadfael, d’Ellis Peeters, qui se déroule au début du XIIe siècle, pendant la guerre civile anglaise. C’est aussi une référence classique. Dans les auteurs encore actifs, je suis un inconditionnel de Jean-François Parot, avec les enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet. Je suis admiratif de son talent d’écrivain et de sa capacité à lier la grande histoire, le quotidien des protagonistes et le déroulement du récit. J’ai récemment redécouvert les enquêtes du juge Ti, par Frédéric Lenormand. Là j’y apprécie l’humour féroce pour dépeindre une galerie de personnages d’une grande humanité.

J’ai essayé dans les premiers tomes de me frotter à plusieurs sous-genre : whodunit à la Agatha Christie, thriller plus contemporain dans son rythme ou polar à la française dans la lignée des Nestor Burma de Léo Malet. J’espère ainsi arriver à trouver mon style personnel, qui mélange au final un peu de tout ça, peut-être saupoudré d’Alexander Kent, qui ne fait pas dans le policier mais qui est un maître du roman d’aventure historique avec sa saga des Bolitho.

Au delà des auteurs strictement policiers, j’ai beaucoup lu de SF et de fantasy quand j’étais jeune, avec Philip K. Dick et J.R.R. Tolkien à mon chevet. Du second j’ai gardé une tendance à vouloir brosser un univers complet, d’en faire un véritable protagoniste. Au final, mon héros, c’est Hexagora, encore plus qu’Ernaut.

Mais dis-donc, ce premier roman d’un cycle, tu l’avais déjà publié ? Pourquoi as-tu voulu en faire un framabook ?

Oui, j’ai déjà été publié chez La Louve éditions, avec qui j’avais un contrat traditionnel. Les deux premiers tomes sont d’ailleurs encore disponibles chez lui dans le circuit des librairies (jusqu’à épuisement des stocks). J’ai souhaité en faire un Framabook car j’avais l’envie de publier sous licence libre. Je suis utilisateur de logiciels libres depuis pas mal d’années (sous Debian) et je m’intéresse à la culture libre, les communs, depuis très longtemps. Il m’a fallu du temps pour accepter le fait que je n’étais pas satisfait du système de l’édition traditionnelle.

Il y a tout d’abord la question de la licence, bien sûr, sur laquelle je reviendrai plus tard, mais c’est aussi que j’ai constaté que l’édition traditionnelle est génératrice de beaucoup de souffrance. J’ai eu la chance de n’y travailler qu’avec des gens que j’estime beaucoup professionnellement et personnellement. Des personnes de talent, travailleuses et compétentes. Ceci d’un bout à l’autre de la chaîne : éditeur, diffuseur, libraire… Au fil des ans, j’ai vu leur situation se dégrader, en même temps que la mienne, d’auteur, sans que personne n’arrive à expliquer pourquoi. Et puis un jour cela m’est enfin apparu : nous sommes devant une bêtise systémique. De là à se dire qu’il fallait changer de système, le pas était aisé. C’est ce que j’ai voulu faire. J’ai demandé à l’éditeur de mes romans s’il serait d’accord pour me redonner les droits sur mes textes (car, comme habituellement, il en détenait l’intégralité exclusive jusqu’à 70 ans après ma mort) et il a accepté. Je tiens à l’en remercier car ce n’est pas toujours si simple et amical. Cela a malgré tout demandé quelques mois pour se finaliser. Entretemps, j’avais contacté Framabook car j’avais envie de faire ce nouveau chemin avec des partenaires.

C’est un des aspects importants dans ce travail d’écrivain, de trouver les bons interlocuteurs avec qui avancer. Il est déjà extrêmement difficile d’accoucher d’un roman, et le faire sans assistance extérieure relève de l’audace la plus folle selon moi. Je crois vraiment qu’il est essentiel d’avoir un retour sur son travail et c’est la partie du métier d’éditeur qui ne pourra jamais disparaître, quel que soit le professionnel qui s’en chargera (c’est l’agent dans le monde anglo-saxon).

Pour revenir à la licence, j’ai longtemps réfléchi à ce rapport entre l’auteur et son œuvre, entre l’écrivain et ses lecteurs. La licence libre signifie un lâcher prise consubstantiel à l’acte d’écrire selon moi. Je fournis un écheveau de fils dont chacun fait sa trame et sa chaîne, pour en tirer sa propre étoffe. Difficile de placer une pancarte sur ce paysage mental signifiant « Ici c’est à moi ». J’ai finalement opté pour une licence intégrant le copyleft (CC BY SA précisément) car j’ai envie de voir l’écosystème se développer sans que des enclosures en naissent. Ce serait extrêmement frustrant pour moi de voir un rejeton issu de mon travail m’être interdit d’accès (ce que permettrait le BY ou CC0). De plus cela offre cette même protection à ceux qui souhaiteraient, à l’avenir, contribuer à l’univers d’Hexagora : le rapport sera toujours symétrique et inter-fécond.

Un lecteur de Yann avait compris son amour pour les manchots !

Il demeure la question de la rémunération dans notre monde pas idéal, et il est certain que les licences libres n’offrent pas de modèle économique avéré. Néanmoins, celui proposé aux écrivains de nos jours est boiteux et de plus en plus défavorable. C’est donc un saut de la Foi que je tente. Reste à voir si je volerai ou si je m’écraserai. J’ai mis en place une page d’appel au don, en complément du pourcentage que Framabook me reversera sur les ventes papier, le format électronique étant gratuit.

Et à ce propos, un des aspects importants du travail proposé par Framabook est la confection d’un ebook accessible au format epub. Je crois à ces nouveaux supports de lecture (que j’utilise volontiers), d’autant plus quand ils offrent, comme là, la possibilité de renouer avec un public jusqu’alors exclu. En s’efforçant de faire un fichier qui puisse être lu par des machines à braille ou vocalisé via le matériel adapté, Framabook permet d’accueillir en toute équité des personnes exclues par le simple support papier. Le numérique offre cette chance et peu d’éditeurs la saisissent. Après avoir vu le travail que cela représente, je comprends pourquoi d’ailleurs, ce n’est pas bénin en terme d’investissement. Cela demande des compétences pointues et beaucoup de temps pour ne laisser passer aucun détail.

Comment s’est déroulée la collaboration avec l’équipe de Framabook ? Ils ont pris leur temps hein ? Ils et elles étaient un peu pénibles non avec leurs couches de révisions multiples ? Comment tu as vécu ça ?

La collaboration s’est très bien passée, et c’est une des meilleures ambiances de travail que j’ai pu avoir, car les personnes qui ont travaillé sur mes manuscrits le faisaient sans être pressées par des impératifs externes. Uniquement par goût pour mon travail et envie de l’améliorer en vue d’en faire un bon récit, un beau livre ou un fichier epub de qualité. C’est extrêmement valorisant et motivant, cette recherche d’excellence. Elle est bien sûr présente dans l’édition traditionnelle, mais souvent amoindrie, voire carrément biffée -dans la douleur- à cause d’une course à la rentabilité imposée à tous.
Venant de la presse, je n’ai pas un rapport jaloux à mes écrits et j’essaie d’entendre ce que chacun m’en dit comme une occasion de l’améliorer, éventuellement (car il m’est arrivé de refuser des corrections). Avoir un comité de lecture bienveillant est une chance de progresser dans ce que j’appréhende comme un artisanat. Je dis souvent que ce n’est pas parce que je ne suis pas Victor Hugo que je dois m’interdire d’écrire. Cela veut dire aussi que je dois pratiquer, comme un musicien fait ses gammes ou un peintre ses esquisses, tout en échangeant avec mon public, pour nourrir mon travail. Là encore, c’est une relation de flux et de reflux.

Le long temps passé est en partie ma faute, car j’ai voulu voir si on pouvait améliorer les procédures de façon à simplifier le travail pour les prochains tomes (car oui, je ne vous l’ai pas dit mais c’est un cycle qui, je l’espère, va battre la comédie Humaine de Balzac en terme de volume). Au final, cela n’a pas débouché sur ce que j’espérais et il va falloir améliorer ça à l’avenir. Au passage, ce long délai m’a permis d’ailleurs de rejoindre l’équipe de Framabook pour que mes expérimentations servent sur d’autres projets, à terme. C’est dire comme l’accueil a été plus qu’agréable.

La suite de tes aventures d’écrivain avec Framabook ? D’autres projets ?

Énormément. Je prévois plusieurs dizaines d’enquêtes d’Ernaut, sur environ cinquante ans (jusque 1204 environ), la période que je connais le mieux. Les trois premiers tomes sont rédigés et j’espère qu’on pourra les sortir assez vite. Je viens par ailleurs d’obtenir une bourse d’écriture du Centre National du Libre pour le tome 4, dont le plan est fixé. Quelques pistes ont été tracées pour les tomes 5, 6 et 7 ainsi que des idées pour de futurs volumes, dans la décennie 1170 essentiellement. J’ai aussi environ 70 nouvelles qui attendent d’être mises en recueil, à propos de l’enfance du héros, d’histoires annexes aux romans, de personnages secondaires. Et je conserve sous le coude plusieurs récits « spin off » comme on dit qu’il me plairait bien d’écrire. Quelques destins de personnages historiques hors norme dont la consistance romanesque est considérable. J’ai même un synopsis de bande-dessinée et des envies sur d’autres médias… Donc si vous espériez un one-shot, c’est raté…

Le mot de la fin est pour toi.

En publiant sous licence libre, je fournis aussi tous mes textes au format source, le markdown, sur un dépôt avec les différentes versions de travail. Cela constitue un autre des avantages de la licence libre : mon processus de création est accessible et lisible. J’espère ainsi également promouvoir l’idée qu’il ne faut nul génie pour se lancer dans une activité artistique. Il faut surtout du travail et une bonne dose de témérité peut-être tellement l’ambition est grande. Mais ce qu’on en retire est absolument incroyable. Il en découle une liberté, un enthousiasme revivifiants.

J’aime aller à la rencontre du public pour parler de mon travail car j’ai envie de faire accepter cette idée que nous sommes tous artistes. Enfant nous le savons parfaitement, mais nous l’oublions en grandissant. Et puis lorsque le temps se met à l’orage, il me paraît essentiel de déployer ses mots, de bâtir sa parole, de construire son langage propre. Sans les mots, pas de rêve, et sans rêve, nul monde ne peut advenir de soi. Écrire, c’est résister mais aussi proposer, échanger, offrir. Personne ne devrait s’interdire cela.

Pour aller plus loin :

Docs.Framasoft.org : un site pour apprendre à utiliser tous nos services !

lun, 12/06/2017 - 11:17

Mine de rien, entre les services Dégooglisons Internet et les projets Framasoft, nous maintenons près d’une cinquantaine de sites/projets ouverts au public.

C’est bien joli, mais si on n’accompagne pas ces sites des savoir-faire et outils pour mieux vous aider à vous en emparer… c’est triste, non ?

Un peu de cathédrale dans notre joli bazar…

Depuis près de trois ans que nous Dégooglisons Internet, nous n’aurions rien pu faire sans votre aide. Nous savons que proposer des outils c’est bien, et que cela ne suffit pas. Il faut aussi les présenter, donner des tutoriels, des outils pour les comprendre et les prendre en main.

Bien entendu, ces logiciels sont déjà souvent soutenus par leurs propres communautés, qui proposent leur propre documentation dont chacun·e peut bénéficier. Il nous fallait, néanmoins, un endroit où rassembler tout cela.

Et depuis trois ans, nombre d’entre nous (contributeurs et contributrices, bénévoles et salarié·e·s…) ont apporté leur petite pierre à l’édifice. Il fallait nous voir, à chaque nouvelle contribution, nous émerveiller :

« Chouette ! Arpinux a fait une vidéo de prise en main de Framapic, pour mieux héberger ses images ! »

« Ah ! je me suis bien marré devant la présentation de Framapack que Pyves vient de nous proposer. J’espère que de plus en plus de windowsiens l’utiliseront pour télécharger des logiciels libres… »

« Attend, en plus de coder des fonctionnalités à Nexcloud pour ouvrir Framagenda, Tcit il s’est fadé d’écrire une jolie documentation pour synchroniser ses rendez-vous et ses contacts… GG ! »

« Sérieusement, le groupe Framalang s’est encore surpassé en traduisant la doc de Mattermost… Ça va bien aider à ce que les gens s’emparent de Framateam pour abandonner leurs groupes Facebook. »

« Oh, tu as vu la vidéo de SVTux pour découvrir Framapad ? En deux minutes, on voit que le libre peut faire aussi bien que GoogleDocs. »

« Pouhiou a encore trippé sur sa présentation de Framanotes. J’espère que Turtl aura autant de succès qu’Evernotes… »

« Franchement, les tutos de Cartocité pour utiliser Umap et Framacartes sont excellents… Si ça pouvait libérer les gens de Google Maps… »

(L’est-y pas belle, la vidéo Framalistes de Nicolas Geiger pour le site Colecti.cc ?)

 

Au départ, nous avons essayé de mettre les liens vers ces outils de documentation dans chaque page d’accueil de chacun de nos projets, afin que vous ayez tout sous la main dès que vous commencez à vous y intéresser… Mais souvent, une fois que vous êtes dans le service, vous n’allez plus voir la page d’accueil. On le sait, parce que nous, on fait pareil.

Alors nous avons lancé le défi à JosephK de mettre un peu de cathédrale dans ce merveilleux bazar, et de rassembler nos documentations en un seul et même endroit. N’écoutant que les clapotis de son clavier, ce dernier a décidé de collecter, d’organiser et de présenter tout cela sous la forme d’un gitbook, afin d’avoir un outil que l’on puisse modifier, amender et mettre à jour de façon collaborative (et pas trop ardue).

Demandez la doc !

Le principe est simple : vous cherchez comment utiliser un de nos services ? Pourquoi choisir tel Frama-bidule ? À quoi sert tel Framachin ? rendez-vous sur docs.framasoft.org.

Vous y serez accueillies par un choix de langue (parce qu’un jour, peut-être, on pourrait avoir des versions en anglais, breton ou espéranto).

C’est sommaire, mais éloquent.

Puis sur la page d’accueil, vous verrez une barre latérale qui vous permet de vous guider dans l’ensemble de notre documentation (elle s’adapte selon la rubrique dans laquelle vous vous trouvez). C’est dans la colonne principale, à droite, que se trouvent l’accès aux informations. Tout en haut, vous y trouverez des guides pratiques.

Les deux premiers guides disponibles à ce jour.

Ce sont des guides à destination du grand public, regorgeant d’informations aussi pratiques qu’indispensables. Pour l’instant, nous y avons inclus :

(si vous voulez nous proposer le vôtre, rendez-vous dans la prochaine partie de cet article)

Ensuite, toujours sur cette page, vous y trouverez une liste des services Framasoft.

Tous les services n’y sont pas (encore) présents… alors proposez vos contributions !

Ce sont l’ensemble des services Dégooglisons Internet sur lesquels nous avons une documentation en Français et (plus ou moins ^^) à jour à proposer.

Il vous suffit de cliquer sur le service qui vous intéresse pour découvrir les outils que nous avons pu récolter à son sujet.

Bien entendu, si vous ne trouvez pas votre service préféré et/ou que vous souhaitez proposer un élément de documentation, nous sommes preneurs (voir plus bas).

Enfin, toujours sur cette page, vous y verrez une rubrique « Culture et Logiciels Libres »

Les premiers Frama-Projets à bénéficier de leur documentation !

Ici, vous aurez des savoirs et savoir-faire sur les projets Framasoft qui ne sont pas des services Dégooglisons, qui tendent à promouvoir le logiciel libre et sa culture.

Libre à vous de cliquer et de consulter ce que bon vous semble, et de faire passer les liens à vos ami·e·s, collaborateurs et collaboratrices !

Une documentation qui n’attend que vous

Bien entendu, l’ensemble de ces documents sont libres. Par défaut, la licence utilisée pour les productions Framasoft est la CC-BY-SA, mais prenez soin de vérifier pour chaque outil de documentation, car leurs auteurs et autrices peuvent tout à fait les avoir placé sous une autre licence libre ^^ !

C’est néanmoins une des grandes forces du Libre : n’importe qui peut y participer.

Vous cherchez à soutenir le (logiciel) libre sans forcément savoir coder ? Présentez votre service ou projet favori avec une petite vidéo, une présentation animée, un texte avec captures d’images… Nous vous l’assurons, cela aidera énormément de monde à passer le pas et à adopter du libre dans ses habitudes numériques.

Pour participer, deux cas de figure :

  • Vous connaissez le git, les push et pull request ne vous font pas peur ? : rendez-vous sur la forge de notre gitbook pour proposer vos commits afin que l’on merge tout cela ensemble.
  • Vous n’avez rien compris à la phrase ci dessus ? (ne vous inquiétez pas, celui qui l’a écrite est comme vous !) Rendez-vous sur notre forum des bénévoles, partie tutoriels, pour proposer vos tutos, vidéos, et autres trucs en -os !

Enfin, une manière toute simple de participer, c’est simplement d’aller lire ces petits bouts de savoirs qui aident à mieux se dégoogliser… et de les partager avec son entourage !

Les Rencontres mondiales du logiciel libre se mettent au vert

sam, 10/06/2017 - 07:09



Les Rencontres mondiales du logiciel libre sont organisées, chaque année dans une ville différente, par le groupe d’utilisateurs de logiciels libres local.

C’est un grand pouvoir et une grande responsabilité pour le GULL qui s’y colle. Il s’agit de proposer une formule qui fera le bonheur des geeks purs et durs comme des quidams souhaitant sentir le vent de la liberté.

Cette fois-ci, ce sont les copains d’Alolise, le chaton stéphanois, qui assument cette lourde tâche. Plongée dans le chaudron.

Salut les amis !  Vous pouvez nous présenter Alolise ?

C’est une chouette association. :)

Alolise existe depuis plus de 12 ans ! Les débuts étaient très « underground« , puis petit à petit sous l’impulsion des différents présidents et du petit noyau d’irréductibles, Alolise a su se créer une identité et commence à être connue.

Notre avenir (hors RMLL) est orienté vers la communication autour des CHATONS (Collectif d’Hébergeurs Alternatifs Transparents Ouverts Neutres et Solidaires), car nous offrons une véritable AMAP Numérique sur Saint-Étienne et sa région, et aussi vers la poursuite du combat EDUNATHON contre les accords Microsoft – Éducation Nation, en proposant en partenariat avec la mairie des ordinateurs libres comme alternative auprès des écoles de la métropole.

On a aussi un gros projet de formation, mais chut … plus tard.

Vous organisez les Rencontres mondiales du logiciel libre à Saint-Étienne du premier au 7 juillet prochains. Ça va, la pression ?

Ça va. C’est une pression motivante. L’événement est pour bientôt, on a la tête dans le guidon mais on tient la barre et on avance en équipe.

Il faut savoir que pour certains d’entre nous c’est un combat pied à pied de plus de 18 mois…
Il nous tarde de retrouver une vie normale et de nous tenir éloignés de toute réunion pendant une période de convalescence d’au moins 6 mois…

On savait qu’on ne savait pas à l’époque exactement dans quoi on s’engageait (oui oui cette phrase a un sens )… On savait que ce serait dur, mais on ne voyait pas vraiment quels seraient les embûches et les barrières… Aujourd’hui c’est bon, on a bien fait le tour

L’écosystème des contenus piratés

ven, 02/06/2017 - 02:31

Catalogué illégal, le piratage de films et de séries fait pourtant partie du quotidien de beaucoup d’internautes, et il n’y a plus grand-monde pour faire semblant de s’en offusquer.

Des études ont même prouvé que les plus gros consommateurs de contenus piratés sont aussi par ailleurs les plus gros acheteurs de produits culturels légaux (voir ici et ). Il semblerait finalement que l’écosystème culturel illégal ne soit pas tant un concurrent, mais qu’il fonctionne plutôt en synergie avec le reste de l’offre.

Dans ce contexte, le site Torrent Freak, spécialisé dans l’actualité du peer to peer (pair à pair), publie un article qui s’interroge sur les enjeux du choix entre torrent et streaming.
Ces deux usages sont en effet bien distincts – d’un côté la logique pair à pair décentralisée du torrent, qui permet aux utilisateurs de stocker le fichier sur leur ordinateur et de le repartager ; de l’autre, les plates-formes de streaming centralisées, invitant à une consommation éphémère et unilatérale du contenu.
L’article qui suit nous invite à réfléchir à nos usages, et à leur incidence sur l’écosystème des contenus disponibles en ligne. Au fond, torrent et streaming incarnent deux visions d’internet sur le plan technique… et donc aussi sur le plan politique.

Image par nrkbeta – CC BY-SA 2.0

 

Article original sur le site de Torrentfreak : To Torrent or To Stream ? That is the Big Piracy Question

Traduction : santé !, jaaf, dominix, goofy, ilya, Opsylac, audionuma, xi, monnomnonnon + 3 anonymes

Torrent ou streaming ? Telle est la grande question du piratage

Dans un monde où les films et les séries sont si facilement accessibles via les plates-formes de streaming, pourquoi qui que ce soit irait encore se compliquer la vie à utiliser un site de torrent  ? Question intéressante, qui soulève des enjeux non seulement pour l’avenir de la consommation pirate, mais aussi pour la santé de l’écosystème sous-jacent qui fournit les contenus.

Il y a peut-être six ans, tout au plus, on ne se demandait même pas où la plupart les pirates du web allaient se procurer leur dose de vidéos. Depuis de nombreuses années déjà, BitTorrent était le protocole incontournable.

Encore largement populaire aujourd’hui avec ses millions d’utilisateurs quotidiens, la consommation de torrent a pourtant ralenti ces dernières années avec la montée en puissance des plates-formes de streaming. Ces sites, avec leurs catalogues au design étudié et leurs interfaces façon YouTube, offrent un accès facile à un large éventail de films et de séries, presque aussi rapidement que leurs équivalents torrent.

Alors pourquoi, alors que ces services de streaming sont si faciles à utiliser, qui que ce soit irait s’embarrasser à télécharger des torrents relativement encombrants ? La réponse n’est pas immédiatement évidente, mais pour les personnes qui connaissent de près les deux options, c’est un enjeu assez sérieux.

Premièrement, se pose la question importante de la « propriété » du contenu.

Alors même que les gens ont accès à tous les derniers films sur streamingmovies123 ou sur whatever.com, les utilisateurs ne « possèdent » jamais ces streams. Ces derniers sont complètement éphémères, et dès qu’on appuie sur le bouton stop, l’instance du film ou de la série disparaît pour toujours. Bien sûr, on télécharge le fichier pour le visionner [dans les fichiers temporaires, NdT], mais il se volatilise ensuite presque instantanément.

Pour la même consommation de bande passante, l’utilisateur ou utilisatrice peut aller sur un site de torrents et obtenir exactement le même contenu. Cependant, il existe alors deux différences majeures. Premièrement, il ou elle peut aider à fournir ce contenu à d’autres, et deuxièmement, on peut conserver ce contenu aussi longtemps que souhaité.

Le stockage local du contenu est important pour beaucoup de pirates. Non seulement ce contenu peut ainsi être visionné sur n’importe quel appareil, mais il peut aussi être consulté hors ligne. Bien sûr, cela prend un peu de place sur le disque dur, mais au moins cela ne nécessite pas que streamingmovies123 reste en ligne pour en profiter. Le contenu peut être visionné à nouveau plus tard, restant potentiellement disponible pour toujours, en tout cas bien longtemps après que le site de streaming aura disparu, ce qui arrive bien souvent.

Mais alors que garder le contrôle sur le contenu est rarement un inconvénient pour le consommateur, la question des avantages du partage (téléversement) via BitTorrent est une affaire de point de vue.

Les utilisateurs des sites de streaming vont avancer, à juste titre, que sans téléversement, ils sont plus en sécurité que leurs homologues utilisateurs de torrents. Les utilisateurs de torrents, de leur côté, répondront que leur participation au téléversement aide à fournir du contenu aux autres. Les adeptes de torrents apportent en effet un bénéfice net à l’écosystème du piratage, tandis que les consommateurs de streaming ne sont (selon la terminologie des torrents) que des profiteurs (NdT : en anglais leechers, littéralement des sangsues…).

Il existe toute une nouvelle génération de consommateurs de streaming aujourd’hui qui n’a absolument aucune notion du concept de partage. Ils ne comprennent pas d’où vient le contenu, et ne s’en soucient pas. Ce manque « d’éducation pirate » pourrait s’avérer à terme préjudiciable pour la disponibilité du contenu.

Tant que nous sommes sur ce sujet, se pose une question importante : comment et pourquoi le contenu piraté circule-t-il à travers l’écosystème du Web ?

Il existe des routes établies de longue date qui permettent au contenu en provenance de ce qu’on appelle les « top sites » de glisser rapidement vers les sites torrent. Par ailleurs, les sites de torrent fournissent aux contributeurs P2P (pair à pair) indépendants des plates-formes de diffusion de leur offre au public. Sur ce plan, les sites torrent contribuent beaucoup plus à l’écosystème global du piratage que la plupart des sites de streaming.

Se pose également la question pas moins cruciale de l’origine des contenus des sites de streaming. Bien sûr, beaucoup des personnes impliquées dans ce domaine du piratage ont un accès direct ou indirect aux « top sites », mais beaucoup aussi se contentent de récupérer leurs contenus sur des sites torrent publics ou privés, comme pourrait le faire un utilisateur lambda. Il n’est pas difficile de comprendre qui dépend de qui ici.

Cela nous amène à la question de savoir comment ces deux sortes de piratage sont perçues par les intérêts hollywoodiens. Pas besoin d’être Einstein pour déduire que le torrent et le streaming sont tous deux l’ennemi, mais comme les plates-formes de streaming ressemblent davantage aux offres légales comme celles de Netflix et Amazon, elles sont généralement présentées comme étant la plus grande menace.

En effet, la montée des installations Kodi modifiées (et la réponse agressive qu’elles ont reçue) conforte cette idée, le piratage glissant de l’environnement relativement geek des torrents vers des interfaces faciles à utiliser, plus accessibles au grand public.

Ainsi, la question de savoir ce qui est mieux – le torrent ou le streaming – repose largement sur la préférence du consommateur. Cependant, pour ceux qui s’intéressent à l’écosystème du piratage, l’enjeu est de savoir si le streaming peut s’améliorer, ou même survivre, sans le torrent, et si soutenir uniquement le premier ne mènerait pas vers une voie sans issue.

La confidentialité bientôt twitterminée ?

mer, 31/05/2017 - 02:41

Le succès de Twitter est toujours aussi impressionnant (des statistiques nombreuses et significatives ici), même si l’entreprise continue d’enregistrer des pertes, trimestre après trimestre. Ce qui est constant aussi avec Twitter c’est sa désinvolture caractérisée vis-à-vis des données que nous lui laissons récolter.

Calimaq analysait déjà en 2012, à l’occasion de la revente de données à des tierces parties, les multiples entorses au respect de la vie privée dont Twitter est familier.

Un pas nouveau est sur le point d’être franchi, Twitter annonce qu’il va renoncer au Do Not Track.

Pour tout savoir sur Do Not Track, en français Ne pas me pister, vous pouvez parcourir la page DNT de Wikipédia ou encore cette page d’information de Mozilla Firefox.

Do Not Track ? Cette sorte d’avertissement figure dans l’en-tête de requête HTTP, et revient un peu à déclarer « Hep, je ne veux pas être pisté par vos régies publicitaires ». Emboîtant le pas à d’autres entreprises du Web bien décidées à ne pas tenir compte de cette demande des utilisateurs et utilisatrices, Twitter préfère un autre protocole hypocrite et malcommode et prend date : c’est fini à partir du 18 juin.

18 juin…  Bon sang, voilà qui nous rappelle les heures les plus sombres de… euh non, justement ce serait plutôt le contraire : voilà une date marquante de l’Histoire de France, celle du fameux Appel de Londres du général De Gaulle.

Et si nous profitions de cette coïncidence pour ranimer la flamme de la résistance à Twittter ? OK les trolls, Twitter n’est pas une armée d’occupation, mais avouez que ce serait assez drôle si nous lancions une campagne avec un appel à quitter Twitter pile le 18 juin ?

Ça vous dirait d’y participer un peu partout sur les réseaux sociaux ? Ouvrez l’œil et le bon, on va s’organiser ;-)

En attendant, parcourez la traduction de cet article paru sur le site de l’Electronic Frontier Foundation : New Twitter Policy Abandons a Longstanding Privacy Pledge

Le billet s’achève par quelques recommandations pour échapper au pistage de Twitter. Mais la meilleure solution ne serait-elle pas de fermer son compte Twitter et d’aller retrouver les copains sur des réseaux sociaux plus respectueux comme Mastodon et Diaspora* ?

Traduction Framalang :  goofy, mo, roptat, Opsylac, xi, Asta, FranBAG, fushia, Glouton

La nouvelle politique de Twitter abandonne un engagement de confidentialité longtemps maintenu

par Jacob Hoffman-Andrews

Twitter a l’intention de mettre en œuvre sa nouvelle politique de confidentialité à partir du 18 juin 2017, et, dans le même élan, reviendra probablement sur son engagement pris depuis longtemps de se conformer à la politique de confidentialité associée à l’en-tête DNT. L’entreprise préfère adopter le programme d’auto-régulation Digital Advertising Alliance, boiteux et inefficace. L’entreprise profite aussi de cette l’occasion pour ajouter une nouvelle option de pistage et deux nouvelles possibilités de ciblage, qui seront l’une et l’autre activées par défaut. Cette méthode est indigne d’une entreprise censée respecter les choix de confidentialité des personnes.

Twitter implémente diverses méthodes de pistage dont l’une des plus importantes est l’utilisation de boutons : Tweet, Suivre, et les Tweets embarqués pour enregistrer une bonne partie de votre historique de navigation. Lorsque vous visitez une page dotée de l’un de ces éléments, votre navigateur envoie une requête aux serveurs de Twitter. Cette requête contient un en-tête qui dit à Twitter quel est le site que vous visitez. En vous attribuant un cookie unique, Twitter peut construire un résumé de votre historique de navigation, même si vous n’utilisez pas Twitter. Twitter a été le premier à mettre en place ce pistage : à l’époque, Facebook et Google+ étaient prudents et n’utilisaient leurs boutons sociaux pour pister, dû aux préoccupations sur la vie privée. Twitter a adouci sa nouvelle initiative de pistage pour les internautes soucieux du respect de leur vie privée en adoptant Do Not Track. Cependant, quand les autres réseaux sociaux ont discrètement emboîté le pas à Twitter, l’oiseau bleu a décidé d’ignorer Do Not Track.

Maintenant Twitter envisage d’abandonner le standard Do Not Track pour utiliser l’outil « WebChoices », qui fait partie du programme d’auto-régulation Digital Advertising Alliance (DAA), c’est-à-dire une alliance d’entreprises pour la publicité numérique. Ce programme est inefficace car le seul choix qu’il permet à ses utilisateurs et utilisatrices est de refuser les « publicités personnalisées » alors que la plupart souhaitent refuser carrément le pistage. Beaucoup d’entreprises qui participent au DAA, et Twitter en fait partie, continuent de collecter vos informations même si vous avez manifesté votre refus, mais cacheront cette pratique car ne vous seront proposées que des publicités non ciblées. C’est comme demander à quelqu’un d’arrêter d’espionner ouvertement vos conversations et le voir se cacher derrière un rideau pour continuer à vous écouter.

De plus, WebChoices est déficient : il est incompatible avec les autres outils de gestion de la vie privée et nécessite une vigilance constante pour être utilisé. Il repose sur l’utilisation d’un cookie tiers de désinscription sur 131 sites publicitaires. Ce qui est incompatible avec l’une des fonctionnalités les plus basiques des navigateurs web : la désactivation des cookies tiers. D’ailleurs, même si vous acceptez les cookies tiers, votre désinscription ne durera que jusqu’à la prochaine fois où vous effacerez vos cookies, autre comportement habituel que beaucoup utilisent pour protéger leur vie privée en ligne. Sans compter que de nouveaux sites de publicité apparaissent tout le temps. Vous devrez donc recommencer et répéter votre désinscription lorsque le 132e site sera ajouté à WebChoices, ce dont, à moins de suivre la presse sur les publicitaires, vous ne serez pas au courant.
Ces problèmes avec le programme DAA sont justement la raison pour laquelle Do Not Track existe. Il est simple, compatible avec les autres mesures de protection de la vie privée et fonctionne sur tous les navigateurs.

Twitter connaît la différence entre une vraie désinscription et une fausse : pendant des années, Twitter a implémenté DNT comme une véritable option de « stop au pistage », et vous pouvez toujours choisir cette option dans l’onglet « Données » des paramètres Twitter, que vous soyez ou non utilisateur ou utilisatrice de Twitter. Cependant, si vous utilisez la nouvelle option de désinscription DAA que Twitter envisage de proposer à la place de DNT, l’entreprise traitera ce choix comme une fausse désinscription : Twitter continuera de vous pister, mais ne vous montrera pas de publicités en rapport avec les données collectées.

Que pouvez-vous faire à titre individuel pour vous protéger du pistage de Twitter ? Pour commencer, allez dans les paramètres de votre compte Twitter pour tout désactiver :

 

Ensuite, installez Privacy Badger, l’extension pour navigateur de l’Electronic Frontier Foundation qui, en plus d’activer DNT, essaie de détecter et de bloquer automatiquement tout comportement de pistage sur un site provenant de tierces parties. Privacy Badger remplace aussi certains widgets des réseaux sociaux par des versions statiques non-intrusives.

Twitter fait faire un grand bond en arrière à la confidentialité des internautes en abandonnant Do Not Track. L’entreprise devrait plutôt envisager une nouvelle politique de confidentialité avant le 18 juin pour conserver le respect de DNT et considérer tant DNT que DAA comme de vraies options clairement destinées à dire STOP au pistage.

Addictions en série

mar, 23/05/2017 - 12:22
Gouvernements européens, il est temps de chasser le colon Microsoft

Une enquête réalisée par un consortium de neuf journalistes européens met à jour les risques qui dérivent de la dépendance des gouvernements à Microsoft — aucun n’est indemne…

Même si ça et là des efforts sont notés pour migrer vers des solutions open source voire libres, l’adversaire est impitoyable et utilise un arsenal bien rodé.

Combien faudra-t-il encore de telles enquêtes pour provoquer une prise de conscience et pour que les décisions nécessaires soient prises et mises en œuvre ?

 

Traducteurs : PasDePanique, Paul, dominix, Asta, Luc, MO, lyn., Jérochat, simon, LP, Opsylac, Paul, Hello, Mika + 5 anonymes

L’addiction de l’Europe à Microsoft, un énorme risque pour la sécurité

Nous vous proposons ici une traduction de l’article paru dans Der Tagesspiegel, qui correspond à une partie de l’enquête menée par neuf journalistes européens dans leurs pays respectifs sur les relations entre Microsoft et les institutions publiques, chacun traitant de la situation particulière dans son pays (voir les différents articles déjà publiés ici). L’hebdomadaire Marianne a publié l’article de de Leila Minano dans son édition du 19 mai sur la situation française, intitulé Microsoft : menace sur la sécurité de l’État.

Le 13 mai 2017

par Crina Boros, Wojciech Ciesla, Elisa Simantke, Ingeborg Eliassen, Leila Minano, Nikolas Leontopoulos, Maria Maggiore, Paulo Pena et Harald Schumann

Le Parlement européen de Strasbourg – Photo par Frédéric Chateaux (CC BY-SA 2.0)

 

Le 12 mai 2017, des hackeurs ont frappé plus d’une centaine de pays à l’aide d’un outil volé à la NSA, en ciblant des vulnérabilités des logiciels Microsoft. Les attaques ont infecté uniquement des appareils fonctionnant avec le système d’exploitation Windows. Parmi les victimes, on compte plusieurs organismes publics, par exemple les hôpitaux du NHS (National Health Service, Service national de santé) au Royaume-Uni. Investigate Europe a passé des mois à enquêter sur l’extrême dépendance des pays européens envers Microsoft et les risques que cela implique pour la sécurité. Lisez notre enquête complète.

Nota bene : cet article est une traduction de la version anglaise d’un billet d’Investigate Europe publiée le 13 mai 2017. Pour savoir dans quelles publications de presse, pays et langues le billet est disponible, veuillez consulter cette page.

En général, lorsque le conseil municipal de Munich se réunit, ça n’intéresse pas grand-monde en dehors du périmètre de la ville. Mais en ce jour de février, tout est différent. Dans le grand hall du magnifique hôtel de ville néogothique, tous les sièges réservés à la presse et aux spectateurs sont occupés. Ceux qui n’ont pas trouvé de place se tiennent debout dans les allées. Des membres du conseil rapportent qu’ils ont reçu des courriels et des demandes de médias en provenance de toute l’Allemagne et de toute l’Europe.

Et pourtant l’événement semble purement technique. Pendant dix ans, des experts ont travaillé à migrer le système informatique de la ville vers des logiciels libres et ouverts. Les coûteux logiciels de l’entreprise américaine Microsoft ne sont désormais plus utilisés qu’exceptionnellement. Cela n’a pas seulement permis à la ville d’économiser plusieurs millions d’euros de frais de licences, mais a aussi rendu le système plus sûr – « un franc succès », ainsi que l’annonçaient en 2014 les responsables politiques de la ville. Mais, aujourd’hui, le maire, Dieter Reiter, et sa grande coalition rassemblant le Parti Social-Démocrate (SPD), de centre-gauche, et l’Union Chrétienne Sociale (CSU), de centre-droit, souhaitent ramener chez Microsoft les 24 000 ordinateurs de la ville.

Les débats sont animés. M Reiter et ses sympathisants ne réussissent pas à donner d’arguments convaincants – ni à dire combien pourrait coûter la transition. La décision est donc reportée. Le chef du groupe parlementaire des Verts, Florian Roth, est agacé : « Cela ne semble être rien de plus qu’un jeu de pouvoir politique, dit-il, mais un jeu à haut risque ». Il ajoute en guise d’avertissement : « Voulons-nous vraiment rendre notre administration éternellement dépendante du monopole de l’américain Microsoft ? »

Dans toute l’Europe, les systèmes informatiques des administrations publiques reposent sur les programmes de Microsoft

Le problème n’est absolument pas exagéré et ne se limite pas à Munich. Dans l’Europe entière, de la Finlande au Portugal, de l’Irlande à la Grèce, les technologies informatiques dans les administrations publiques reposent sur les programmes de l’éditeur de logiciels états-unien. Et puisque les systèmes numériques continuent à grandir et à prendre de plus en plus d’importance, les États deviennent de plus en plus dépendants de cette unique entreprise. La Commission européenne a même admis qu’elle était « concrètement captive de Microsoft ».

Quelles sont les conséquences de ce lock-in, comme on l’appelle dans le jargon technique, qui nous attache à un seul fournisseur ? Et comment les gouvernements peuvent-ils gérer cela ? L’équipe de journalistes d’Investigate Europe s’est lancée pendant trois mois dans une mission d’exploration pour établir des faits et interviewer des économistes, des responsables informatiques, des experts en sécurité et des politiciens dans douze pays européens, ainsi qu’à la Commission et au Parlement européens. Les résultats sont inquiétants.

La dépendance des États envers Microsoft :

  • engendre des coûts en hausse constante et bloque le progrès technique au sein des autorités publiques ;
  • contourne systématiquement les lois européennes en matière de passation des marchés et de règles de concurrence ;
  • introduit une influence politique étouffante de la part de cette entreprise ;
  • crée pour les systèmes informatiques étatiques, ainsi que pour les données de leurs citoyens, un grand risque technique et de sécurité politique.

Microsoft n’a souhaité répondre à aucune des questions d’Investigate Europe sur ces sujets. Et les personnels qui travaillent au sein des services informatiques des administrations savent pourquoi.

« De nombreuses administrations publiques sont tellement dépendantes de cet unique fournisseur qu’elles n’ont plus aucune liberté quand il s’agit de choisir un logiciel. Cela signifie que les États européens risquent de perdre le contrôle sur leurs propres infrastructures informatiques », avertit l’ingénieur informaticien et avocat Martin Schallbruch. Jusqu’à 2016, il était directeur du département des nouvelles technologies et de la cybersécurité au ministère de l’Intérieur fédéral allemand. Schallbruch n’est que trop familier de cette situation précaire. Si on voulait écarter ce danger et « basculer vers une architecture numérique indépendante, cela demanderait d’énormes investissements », déclare ce responsable informatique expérimenté, qui mène désormais des recherches au sein de l’école de commerce de Berlin ESMT.

Le problème n’est pas seulement grave, il est aussi complexe. Au cœur des enjeux se trouve le modèle économique de Microsoft. Le géant des logiciels, basé à Redmond dans l’État de Washington aux États-Unis, vend ses logiciels, en particulier le système d’exploitation Windows et les programmes de bureautique tels que Word, Excel, Powerpoint et Outlook, en tant que produits sous licence. Dans le métier, on qualifie ce type de logiciel de « propriétaire », ce qui signifie qu’il interdit à tout concurrent d’utiliser ses propres logiciels pour interpréter correctement les données encodées par les programmes de Microsoft. Concrètement, ce seront, par exemple, des titres, des tableaux ou des dates dont les données de mise en forme ou en page seront modifiées ou perdues.

C’est là la clé du monopole global de Microsoft – un business de rêve aussi ! Année après année, ce sont ainsi quelques 50 milliards de dollars que la multinationale empoche sous la forme de redevances de licences qui ne couvrent rien d’autre que la distribution de copies de ses programmes. Et parce que vos collègues, vos relations commerciales ou personnelles utilisent des fichiers Microsoft, cela paraît logique de faire de même, même si cela engage des frais, encore et toujours. La plupart des utilisateurs d’ordinateurs Apple, eux aussi, continuent d’acheter la suite Microsoft Office.

Les autorités administratives à la merci de Microsoft

Les administrateurs des services informatiques de l’État sont parfaitement avertis de cet état de fait. Cette monoculture présente de sérieux désavantages. Dans d’autres secteurs, le développement logiciel adhère depuis longtemps à un principe complètement différent. Google ou Siemens, par exemple, travaillent en priorité avec des programmes dits open source, en d’autres termes des programmes dont le code est partagé librement. Dans ce cadre, n’importe quel programmeur ou entreprise peut utiliser le code, à la condition que le dernier arrivé mette chaque amélioration qu’il apporte au code à la disposition de tous. Cela signifie que les entreprises ne peuvent pas gagner d’argent en vendant ce genre de logiciel. Mais, dans le même temps, elles bénéficient du travail des programmeurs du monde entier sans avoir à les rémunérer.

Quels que soient les produits, de la centrale électrique à l’appareil de radiographie, Siemens a besoin d’un ensemble étendu de logiciels. « Or, 90 % d’entre eux réalisent des tâches de pure routine », explique Karsten Gerloff, informaticien du service concerné au sein de l’entreprise. « Pour cela, nous utilisons bien sûr des solutions open source ». L’entreprise utilise du « code propriétaire » uniquement pour des fonctionnalités précises, propres aux machines de Siemens. Si tous les logiciels devaient être mis au point par des équipes de l’entreprise, « ce sont 1 000 programmeurs de plus que nous devrions employer et nous ne serions plus compétitifs », indique M. Gerloff.

Le recours à la créativité d’une masse de cerveaux de par le monde engendre une dynamique bien plus forte que celui qui serait restreint aux seuls cerveaux d’une entreprise. C’est pourquoi « l’open source est maintenant la norme dans le domaine scientifique et économique » pour Matthias Kirschner, président de la Free Software Foundation Europe (FSFE), qui plaide pour une plus grande autonomie dans l’usage des technologies de l’information. Cela s’applique autant aux smartphones qu’aux superordinateurs, systèmes de commande des machines ou serveurs web. L’ancien modèle du monopole ne concerne plus que les logiciels d’ordinateurs de bureau et les suites bureautiques.

Il n’en reste pas moins que les administrations publiques s’appuient toujours sur ce vieux monopole, et pas uniquement pour la bureautique. Il existe des milliers d’applications dont seules les autorités ont l’usage. Qu’il s’agisse d’augmenter les impôts, de payer les retraites ou de calculer le coût de la collecte des déchets, que ce soit dans la police, à la sécurité sociale ou dans les services de l’urbanisme, pour quasiment chaque service que rend l’État, il existe un logiciel opérationnel spécifiquement conçu pour cette tâche. Or, parce que le système d’exploitation Windows est utilisé partout, la plupart de ces « applications spécifiques » reposent sur ce système, mettant les autorités à la merci de son éditeur.

On a vu jusqu’où cela pouvait aller quand, à la fin de l’année 2014, Microsoft a cessé de fournir des mises à jour de sécurité pour Windows XP. Du jour au lendemain, des services publics partout en Europe se sont vus contraints de souscrire des contrats de service onéreux avec Microsoft afin de s’assurer que l’entreprise continuerait de colmater les failles de sécurité de son vieux système d’exploitation. Le gouvernement britannique a ainsi déboursé 6,5 millions de livres afin de disposer d’une année supplémentaire pour migrer ses ordinateurs vers Windows 7. Les Pays-Bas, ainsi que les länder allemands de Basse-Saxe et de Berlin, ont, eux aussi, payé plusieurs millions d’euros pour disposer d’un délai. « Il s’est passé la même chose dans toute l’Europe », confirme un expert de la Commission européenne. Et cela risque de se reproduire, vu que dans trois ans, c’en sera terminé des mises à jour de Windows 7.

La Commission européenne n’écoute pas ses propres experts

Dans le même temps, les États prennent du retard à cause du verrouillage de Microsoft. « Il n’existe pas de preuves formelles de ceci actuellement, mais il est logique de supposer que la dépendance envers un fournisseur unique ralentit le progrès technique dans le secteur public », prévient Dietmar Harhoff, directeur de l’institut Max-Planck pour l’innovation et la concurrence à Munich. Par exemple, si les municipalités pouvaient développer leurs centaines d’applications dédiées sur la base de programmes open source, chaque innovation pourrait être immédiatement utilisée par les services d’autres villes sans coût supplémentaire. « Ce potentiel est énorme pour le secteur public », selon D. Harhoff.

Dès 2012, la Commission européenne avait, par conséquent, lancé un programme au nom évocateur : « Contre le verrouillage ». L’idée était que les futurs appels d’offres publics portant sur l’achat de technologies informatiques et de logiciels ne comporteraient plus la mention explicite de noms d’entreprises et de technologies « propriétaires » de ces dernières. À la place, les administrations publiques devaient s’astreindre à demander le recours à des « normes ouvertes » accessibles à l’ensemble des fabricants et éditeurs logiciels. Ce faisant, le monopole de Microsoft disparaîtrait au fil du temps dans la mesure où les problèmes de compatibilité ne se poseraient plus : les fichiers pourraient être lus par des logiciels concurrents, et cela sans perte de données. Si tous les services administratifs publics utilisaient les mêmes formats ouverts, on économiserait le prix des licences. « Les normes ouvertes créent de la concurrence, mènent à l’innovation et font économiser de l’argent », expliquait la commissaire à la Concurrence d’alors, Nellie Kroes. Selon ses experts, « le manque de concurrence » dans le secteur informatique et télécoms « coûte à lui seul 1,1 milliards d’euros par an au secteur public ».

Mais l’inertie des bureaucrates de l’État a eu raison des bonnes intentions, et l’initiative n’a abouti à rien. Pourtant, la législation européenne définit désormais des règles précises. Les administrations publiques nationales sont tenues de passer par des appels d’offres européens pour toute commande dont le montant excède 135 000 euros. Pour les autres organismes publics, cette règle s’applique pour des montants supérieurs à 209 000 euros. Quand ils achètent des logiciels standards pour leurs administrations, les gouvernements des États membres, comme un seul homme, passent outre la loi en vigueur et privilégient le fournisseur habituel Microsoft.

La mise en concurrence remplacée par de curieuses procédures

Une curieuse façon de procéder. Sans passer d’appel d’offres publics, les administrations négocient des réductions avec l’entreprise états-unienne et concluent des contrats-cadres sur cette base. Tous les groupements publics peuvent ensuite en profiter. Dans les offres ultérieures, ils cherchent uniquement des revendeurs qui leur vendront des licences Microsoft selon ces conditions. Il n’y a de facto aucune concurrence pour ces contrats publics.

En Allemagne aussi. En 2015, le ministère de l’Intérieur a convenu de nouvelles « conditions contractuelles » avec la filiale irlandaise de Microsoft, d’où la firme conduit ses affaires européennes pour optimiser ses impôts. Les rabais identifiés dans le nouvel accord peuvent être utilisés par tous les pouvoirs publics, du ministère fédéral jusqu’à la petite municipalité. La ville de Dortmund a ainsi passé un appel d’offres, par exemple pour trouver un « distributeur pour le contrat BMI de licences Microsoft en volume ».

« C’est comme si l’État publiait une offre pour acheter des voitures, mais uniquement de revendeurs Volkswagen », se moque l’avocat néerlandais Matthieu Paapst, dont le doctorat à l’Université de Groningen a porté sur l’achat de logiciels dans le secteur public. Sa conclusion : « Se fournir en produits Microsoft, pour une administration publique, sans passer d’appel d’offres ouverts, viole la législation européenne en vigueur ». En vérité, selon l’avocat, la Commission européenne devrait engager des poursuites contre ce phénomène. L’unique raison pour laquelle elle s’en garde bien, c’est qu’elle n’applique pas elle-même les recommandations.

En effet, la Commission européenne a un contrat exclusif avec Microsoft, valable pour toutes les institutions de l’UE – elle ignore de ce fait les recommandations de ses propres experts. C’est aussi « parfaitement légal » se défend Gertrud Ingestad, qui est responsable de la Direction générale pour l’Informatique (DG Digit), dans une interview à Investigate Europe. Il n’y aurait « pas d’autres possibilités » de garantir la continuité du travail de l’Union européenne. Et, dans ce cas, la législation permet explicitement le recours à une « procédure de négociation » non publique. Mais ce n’est pas exact : cette exception est explicitement valable « seulement quand il n’existe pas d’alternative raisonnable ou de solution de remplacement », selon l’article 32 du livret de recommandations de l’UE. Et c’est justement ce que la Directrice générale G. Ingestad et ses collègues ne peuvent pas prouver. Il existe des alternatives viables.

Le général italien Camillo Sileo, par exemple, a beaucoup à dire sur ce sujet. Ce militaire, qui travaille au ministère de la Défense, à Rome, reçoit dans une petite bibliothèque. Là, un sourire aux lèvres, d’une voix douce, il parle de son projet comme d’une affaire mineure. Pourtant, il est à la tête d’une opération peu commune, voire révolutionnaire, l’opération « Libre Défense ». Son objectif est de migrer les quelques 100 000 ordinateurs de l’armée italienne vers des logiciels open source. « Nous avons constaté que les deux types de logiciels sont capables de satisfaire de la même façon nos besoins », explique le général. « Voyez par vous-même », dit-il en montrant à l’écran la première page d’une étude récente du ministère. « Ici, vous avez un fichier Microsoft Word », dit-il avant de cliquer, « Et, ici, la version open source LibreOffice. Le logo, le titre, la structure, tout est là. Aucune différence, » dit-il, radieux. « La migration permettra une économie de 28 millions d’euros d’ici 2020 », a prévu le général. Par temps de crise en Italie, l’armée, elle aussi, doit faire des économies.

Le fait est que si la migration s’est déroulée sans accroc jusqu’ici, c’est grâce à une solide planification, selon le général. Le logiciel libre de remplacement peut satisfaire tous les besoins, mais il se manipule différemment et les utilisateurs doivent donc être formés. Pour cela, des volontaires de l’association « LibreItalia » ont formé des personnels de tous les services de l’armée devenus à leur tour formateurs et conseillers pour former leurs collègues. Ainsi, il y aura bientôt assez d’experts dans tous les services de l’armée. « Bien communiquer est un préalable à la réussite du projet », précise le général Sileo. « Si les gens comprennent l’objectif du changement, ils sont capables de surmonter toutes leurs résistances mentales ». Il n’a pas encore été décidé si l’armée migrera aussi son système d’exploitation un jour,  pour être totalement indépendante de Microsoft, mais la question sera examinée de très près », accorde le général Sileo.

La gendarmerie nationale française, l’une des deux forces de police nationales, a déjà mené à bien une opération de migration démarrée dès 2005. Aujourd’hui, 72 000 ordinateurs de la gendarmerie nationale sont équipés d’une version particularisée du système d’exploitation Linux, avec LibreOffice comme application principale. La gendarmerie affirme que l’économie réalisée depuis le début du projet s’élevait en 2014 à quelques 20 millions d’euros. Précisons que jusqu’à cette année-là, la migration s’était déroulée pratiquement dans le secret. « La migration vers Linux pourrait  être vue par Microsoft comme une menace de son monopole », peut-on lire dans une note interne obtenue par Investigate Europe. Cela aurait pu « déclencher des actions visant à discréditer cette politique de la gendarmerie ». C’est pour cette raison que la migration s’est effectuée « sans publicité » jusqu’au moment où le processus est devenu irréversible.

Les institutions mettent la pression sur ceux qui se désengagent

Ces précautions étaient fondées. Encore aujourd’hui, 12 ans après le lancement du projet, la direction de la gendarmerie est sous « pression permanente » pour faire marche arrière, rapporte un membre de l’équipe du département Informatique et Télécom du ministère de l’Intérieur à Paris, qui ne souhaite pas être nommé de peur de représailles. « Chaque jour de fonctionnement du système est une gifle pour notre administration qui maintient que seul Microsoft fonctionne correctement » dit-il.

Le bras de fer entre le ministère de tutelle et les partisans de Linux au sein de la gendarmerie est confirmé par une lettre du ministre, d’avril 2016, qu’Investigate Europe a eue entre les mains. Dans cette lettre, le ministre demande aux fonctionnaires responsables de la gendarmerie un retour définitif et intégral à Windows – prescription dont la direction de la police n’a pas tenu compte jusqu’à présent. Interrogé sur la question, un porte-parole faisait savoir « avec regret » qu’il était dans « l’incapacité de fournir une explication ». En parallèle, cependant, il écrivait de façon clairement subversive que la migration vers le logiciel libre « se passait en douceur et pour longtemps ». « Nous avons choisi Linux parce que le rapport coût/bénéfice est meilleur et, au final, nous gagnons en indépendance ».

Ce conflit est caractéristique de ce que vivent partout les pionniers d’une émancipation vis-à-vis du monopole. Partout en Europe, il y a eu et il y a des centaines d’administrations et de municipalités qui ont migré ou tentent de migrer vers des logiciels open source : que ce soit l’administration des retraites de l’État en Suède, les écoles de Jaworzno en Pologne, les services municipaux de la ville de Rome, l’arrondissement de Camden à Londres, la grande ville de Nantes en France, le gouvernement de la communauté autonome d’Estrémadure en Espagne ou encore la ville de Vieira do Minho au Portugal. Ces projets sont à ce jour autant d’îlots perdus dans l’océan Microsoft. Pour cette raison, nombreux sont ceux qui subissent régulièrement des pressions pour rentrer dans le rang, parce que les produits et les lobbyistes de Microsoft sont omniprésents et peuvent créer de nouveaux ennuis.

Des lobbyistes à l’œuvre au sein des ministères

Dans le différend concernant l’administration municipale de Munich, ce qui se passe en coulisses est aussi un élément à prendre en considération. Dans cette ville, le maire centre-gauche SPD a besoin des voix du centre-droit CSU. Or, ce dernier est étroitement lié à l’entreprise étasunienne. Dorothee Belz, par exemple, vice-présidente chez Microsoft Europe jusqu’en 2015, fait partie du comité exécutif du conseil économique du parti conservateur.

Des épisodes identiques « d’allers-retours » se constatent partout en Europe. En Italie, un ancien directeur chez Microsoft pilote aujourd’hui la « transformation numérique » des affaires de la ville de Milan. Au Portugal, c’est un cadre de Microsoft qui a organisé la campagne pour l’élection du président conservateur. Plus de six cadres et directeurs ont des liens étroits avec des ministres et des politiciens. Dans le même temps, des techniciens de Microsoft travaillent directement dans les services informatiques des administrations. Au moins cinq d’entre eux possèdent une adresse électronique qui les identifie comme s’ils faisaient partie du personnel administratif, ce qui leur permet de « faire leur travail de lobbying pour Microsoft à l’intérieur de l’administration », affirme un fonctionnaire à Investigate Europe. En Allemagne aussi, l’accès aux ordinateurs du gouvernement est largement ouvert. Il existe plusieurs milliers d’experts dans les centres informatiques du gouvernement, y compris des personnels de Microsoft et ses partenaires, indique l’ex-responsable informatique du gouvernement fédéral, Martin Schallbruch.

Microsoft peut également instrumentaliser sans restriction les écoles et les universités à des fins marketing. Les écoliers et les enseignants reçoivent en général les produits Microsoft gratuitement, de sorte que les enfants grandissent sans rien connaître d’autre. La stratégie veut qu’après leurs études ils payeront des frais de licence pendant le reste de leur existence. « Une telle méthode est un classique du modèle « crack », utilisé dans le trafic de drogue », explique Rufus Pollock du Centre pour la propriété Intellectuelle et les lois de l’information (CIPIL) à l’Université de Cambridge. Les produits sont gratuits jusqu’à ce que les utilisateurs soient rendus accros.
Cela démontre que les gouvernements européens approuvent tacitement leur propre dépendance envers Microsoft. Ainsi que le formule Anna Strezynska, ministre polonaise du numérique : « Oui, nous sommes dépendants, mais je pense que c’est raisonnable ».
Cela signifie aussi que ces décideurs exposent leurs pays et leurs citoyens à d’innombrables risques de sécurité, tant techniques que politiques.

Ce n’est pas un hasard si les attaques informatiques majeures qui, ces dernières années, ont pris pour cible des institutions de l’État comme le Bundestag allemand ou encore la Commission et le Parlement européens, ont systématiquement exploité des failles de sécurité des logiciels Microsoft. La suite bureautique de Microsoft, notamment, et les fichiers qu’elle permet de créer, sont une des portes d’entrée privilégiée par les hackeurs, selon le rapport 2011 du Bureau fédéral allemand pour la Sécurité des technologies de l’information (BSI). D’après ce rapport, la moitié des attaques ciblées avait pour origine des documents infectés de type Microsoft, tels les fichiers « .docx », dans lesquels les hackeurs avaient dissimulé leur logiciel malveillant. « La particulière complexité de ces fichiers facilite la tâche des hackeurs », affirment les experts du BSI. Ces fichiers contiennent bien plus de code que nécessaire, ne serait-ce que pour empêcher d’autres logiciels de les lire facilement. « Ce constat est toujours d’actualité, confirme Joachim Wagner, porte-parole du BSI. Le format des fichiers Microsoft est bien plus complexe que celui des logiciels open source, ce qui augmente d’autant la « surface d’attaque » de la cible pour les hackeurs ».

Italo Vignoli, un des experts qui travaillent sur le logiciel libre LibreOffice, l’a testé pour Investigate Europe avec un simple texte de 5 500 caractères. Sous la version courante de Microsoft Word, le code du fichier couvre 390 pages. Par comparaison, le format libre OpenDocumentText ne fait que onze pages.

Les programmes de Microsoft sont confus et vulnérables

La particulière vulnérabilité des logiciels de bureautique de Microsoft se voit au nombre de failles de sécurité. « Aux États-Unis, le National Institute for Standards and Technology (NIST, Institut national des normes et de la technologie) a repéré 188 nouvelles failles dans la suite Microsoft Office au cours des trois années précédant le mois d’avril 2017. Les trois quarts de ces failles font partie de la catégorie des failles les plus graves. Sur la même période, on n’a découvert que onze failles dans LibreOffice. D’après M. Vignoli, cela n’a rien à voir avec le fait que LibreOffice est moins répandu. Simplement, malgré tous leurs efforts, même les meilleurs experts n’ont pu dénicher d’autres failles dans LibreOffice.

Cela n’a rien de surprenant. N’importe quel utilisateur chevronné peut contrôler le code source de LibreOffice. Pour l’un des meilleurs experts européens, Michael Waidner, directeur de l’institut Fraunhofer pour la sécurité des technologies de l’information, c’est la clef de voûte : « Si l’Union européenne ou un État entend vraiment préserver sa souveraineté, il doit être en mesure de vérifier que ses matériels informatiques et ses logiciels font bien ce qu’ils sont censés faire et rien d’autre, explique-t-il. Cela ne revient pas à dire que l’Europe doit devenir autonome. « Mais nous devons faire en sorte que nos experts aient accès à toute l’information requise pour tester les logiciels là où la sécurité est en jeu. Il est essentiel d’avoir accès au code source », exige l’expert. Sans cela, affirme-t-il, il ne peut y avoir de « souveraineté numérique ».

Or, c’est précisément ce que Microsoft refuse de fournir. L’entreprise a créé un « centre de la transparence », à Bruxelles, où les représentants gouvernementaux sont invités à inspecter le code source. Mais le BSI allemand juge la proposition insuffisante. « Microsoft doit satisfaire à un éventail complet de prérequis techniques pour créer un climat de confiance », a expliqué le BSI au magazine spécialisé C’t. Or Microsoft n’autorise même pas les experts à conserver leurs notes écrites et exige la signature d’un accord de non-divulgation, a confirmé un expert de la BSI à Investigate Europe.
Même si une inspection du code était possible, les conclusions en seraient probablement obsolètes dès la mise à jour suivante. En outre, le risque que représentent les produits Microsoft n’est pas seulement technique, il est aussi politique.

Déclasser l’Europe au rang de colonie numérique

L’entreprise est soumise aux lois des États-Unis. Cela signifie qu’à tout moment l’administration de ce pays peut la forcer à collaborer afin d’accéder aux données des citoyens et des pouvoirs publics d’autres pays. Pour satisfaire cet objectif, il existe ce qu’on appelle « la lettre du renseignement » dans la loi américaine, autorisant des tribunaux secrets à délivrer de telles instructions, avec obligation de se taire sous peine de poursuites légales. Les révélations de l’ancien agent Edward Snowden ont montré que les services de renseignement américain font un usage démesuré de leurs pouvoirs. Les documents qu’il a publiés révèlent que Microsoft coopère étroitement avec les services secrets de la NSA.

Un document de la NSA du 8 mars 2013 explique avec force détails que Microsoft a ouvert aux autorités américaines l’accès à ses services dans le nuage (cloud), autrement dit aux dispositifs de stockage de données auxquels recourent un nombre grandissant d’organisations privées, mais aussi publiques, qui confient ainsi à un prestataire externe leurs données informatiques par souci d’économiser sur les coûts de leur informatique interne. Les documents de Snowden ont aussi révélé que la NSA utilise une cyber-arme, Regin, en collaboration avec ses partenaires britanniques pour espionner la Commission et le Parlement européens via une faille de sécurité du programme Windows.

Wikileaks a publié des documents secrets qui prouvent que ce n’était pas un cas isolé. Ils montrent que la CIA a même développé un véritable arsenal de logiciels malveillants (malwares) ciblant exclusivement les logiciels de Windows. La NSA n’est pas en reste, un de ses outils exploitant, ainsi que l’a révélé récemment le groupe de hackeurs Shadow Brokers, quatre failles de sécurité du système d’exploitation Windows inconnues jusqu’alors (vulnérabilités Jour Zéro).

De fait, l’utilisation de produits Microsoft par les institutions de l’État « n’est plus compatible avec un État de droit », affirme le juriste et député Vert du Parlement européen Jan Philipp Albrecht. Beaucoup le considèrent comme le père de la loi européenne sur la protection des données. Albrecht précise qu’il y a pléthore de données individuelles stockées dans des ordinateurs appartenant à l’État, tels les montants acquittés pour les impôts, l’état de santé, les fichiers de police et les données sociales. « Cependant, les institutions ne peuvent garantir la confidentialité de ces données tant qu’elles travaillent avec des logiciels dont elles n’ont pas le contrôle », prévient Albrecht. Il va falloir changer cela, sous peine de « transformer l’Europe en une colonie numérique ».

M. Albrecht n’est pas le seul à exprimer ce genre d’opinion. En 2014, après les révélations d’E. Snowden, une grande majorité du Parlement européen appelait les États membres de l’UE à s’unir pour « développer des compétences-clés autonomes dans le domaine des technologies de l’information », qui devraient « être basées sur des standards ouverts et des logiciels open source », de manière à pouvoir « être testées ».

Un an plus tard, le Parlement nouvellement élu appelait à nouveau à l’adoption d’« une stratégie européenne pour l’indépendance du secteur des technologies de l’information ». Il indiquait aussi comment cela pouvait être acté : il est important d’établir « un code source publiquement accessible comme critère de sélection obligatoire dans toutes les procédures d’attribution des technologies de l’information du secteur public », ainsi que le préconisait l’expert en sécurité Michael Waidner.

 

Si l’open source devenait la norme obligatoire pour le développement logiciel, « les acteurs européens deviendraient immédiatement compétitifs ».

Si cela se faisait, M. Albrecht pense qu’il y aurait un effet sur les technologies de l’information « semblable à celui du projet Airbus ». De la même manière que l’Europe s’est autrefois affranchie de Boeing, elle pourrait s’affranchir aujourd’hui de sa dépendance à Microsoft, et cela pour un coût bien moindre, pense-t-il ; si l’open source devenait la norme obligatoire pour le développement logiciel, « les acteurs européens deviendraient immédiatement compétitifs, affirme Albrecht. Après tout, ajoute-t-il, les solutions alternatives sont développées depuis longtemps ».

Pourtant, aujourd’hui encore, les gouvernements européens s’avèrent incapables de chiffrer le montant du tribut versé au « seigneur » des licences de Redmond, aux États-Unis. De la Norvège au Portugal, la réponse des administrations compétentes aux demandes d’information d’Investigate Europe a invariablement été qu’il n’existe pas de statistiques en la matière. En Allemagne, le bureau des achats du ministère fédéral de l’Intérieur a précisé ne pouvoir fournir qu’une « estimation » des dépenses en licences Microsoft des autorités fédérales. Dix semaines après la demande, le bureau n’était toujours pas en mesure de fournir ces données.

Pierre Audoin Consultants, société spécialisée dans l’analyse des marchés IT, estime que, globalement, en Europe, Microsoft a tiré près de 2 milliards d’euros de revenus de ses opérations avec le secteur public pour l’exercice fiscal 2015-16. Cela voudrait dire que ce sont au moins 20 milliards d’euros de recettes fiscales européennes qui partent vers l’entreprise étasunienne tous les dix ans,  assurément assez pour que l’Europe développe sa propre industrie du logiciel.

Jusqu’à présent, les dirigeants européens ne veulent rien entendre d’un « projet Airbus » pour le secteur des technologies de l’information. Andrus Ansip, commissaire européen au marché unique du numérique ne veut même pas en parler. Son directeur de cabinet, Roberto Viola, botte en touche en déclarant que ce n’est pas là leur principal souci

Les entreprises américaines de l’Internet, de leur côté, n’ont pas besoin d’un dessin. Que se soit Facebook, Google ou Amazon, leurs infrastructures informatiques fonctionnent exclusivement avec des logiciels libres à en croire leurs porte-paroles. C’est le seul moyen qu’elles ont de se protéger. C’est bien aussi l’intention des dirigeants chinois, qui ont commencé à se libérer du monopole de Microsoft après le scandale de la NSA.

Sous l’égide de l’Académie nationale d’ingénierie chinoise, un système d’exploitation ouvert, Neokylin, a été développé, accompagné de sa suite bureautique. L’opération de « déwindowsisation », comme l’appelle le professeur Ni Guangang, chef du projet, concernera au premier chef les secteurs les plus sensibles en termes de sécurité. C’est pourquoi l’usage de programmes libres/ouverts est en train de devenir obligatoire pour les militaires, l’administration d’État et le secteur financier. L’opération devrait se terminer en 2020.
La Chine prend le chemin de l’indépendance. Que fait l’Europe pendant ce temps-là ?

photo par Leonid Mamachenkov (CC BY 2.0)

Cet article est une traduction de la version anglaise d’un billet d’Investigate Europe publiée le 13 mai 2017. Pour savoir dans quelles publications de presse, pays et langues le billet est disponible, veuillez consulter la page suivante.

 

Facebook, le Brexit et les voleurs de données

lun, 22/05/2017 - 02:08

Du grand banditisme à une échelle jamais vue. Le résultat : une élection historique volée.

Les suspects sont connus, les cerveaux, les financiers, les hommes de main…

Il y a Nigel Farage, agent de change devenu politicien malgré lui, fondateur du parti politique UKIP contre l’euro, l’Union Européenne et l’immigration.

Il y a Steve Bannon, à la tête de Breitbart News, une plateforme média de propagande d’extrême-droite, dite « alt right », nommé stratège en chef à la Maison Blanche.

Il y a Robert Mercer, milliardaire des fonds spéculatifs qui a acheté SCL Elections alias Cambridge Analytica, entreprise de l’ombre, pour l’acquisition et l’analyse de nos données.

Il y a Dominic Cummings, petit homme de main conservateur, qui a fait la liaison entre les différents conspirateurs.

Pourtant il n’est pas sûr qu’on les verra sur le banc des accusés…

Et bien sûr il y a Facebook, un système de récolte en masse de nos données, données qui peuvent révéler des choses qui nous inquiètent et des sujets politiques qui sont pour nous parmi les plus brûlants.

Facebook qui est aussi le livreur de messages faits sur mesure. Avec son fil d’actualité qui mélange discrètement posts de nos proches et publicité lucrative, Facebook est le parfait cheval de Troie pour injecter de la propagande dans notre vie la plus personnelle.

L’un de nos traducteurs, un Britannique, nous dit que c’était perceptible, il a été témoin direct du tsunami d’exagérations, de fake news et de beaux mensonges (« nous aurons 350 millions de livres sterling de plus par semaine pour le service de santé britannique ») de la part de la campagne pour quitter l’Europe, autant que la frustration des gens ordinaires qui ont vu trop tard qu’ils étaient trompés.

Voici une traduction des extraits (dans la limite des 500 mots autorisés) de l’article « The great British Brexit robbery : how our democracy was hijacked » de Carole Cadwalladr, qui est paru récemment dans The Observer, l’édition de dimanche du quotidien britannique, The Guardian.

Un petit mot avant de commencer pour Framasphère (une instance de Diaspora*), un plateforme de réseau social libre et éthique où vos données sont sécurisées. Car un utilisateur qui migre vers la sécurité des services éthiques et libres, c’est tout de même un tout petit pas vers la liberté…

Traducteurs : goofy, MO, hello, PasDePanique, FranBAG

CC0 Domaine public https://pixabay.com/en/facebook-crime-internet-violent-2241419/

 

La grande escroquerie du Brexit : comment notre démocratie a été piratée

Le résultat du référendum sur l’Union européenne a été influencé par une opération globale menée dans l’ombre, qui implique le big data, les amis milliardaires de Trump et les forces disparates de la campagne pour le Leave (Quitter). Alors que la Grande-Bretagne se dirige à nouveau vers des élections, peut-on encore faire confiance à notre système électoral ?

Par Carole Cadwalladr

C’est Facebook qui a tout rendu possible. C’est d’abord grâce à Facebook que Cambridge Analytica a obtenu ses trésors de données. C’est Facebook qui a alimenté les outils psychologiques permettant à Cambridge Analytica de cibler individuellement des électeurs. C’est également le mécanisme grâce auquel ils ont pu toucher un si vaste public.

L’entreprise a également acheté en parfaite légalité des jeux de données sur les consommateurs et les a ajoutées, données psychologiques comprises, aux fichiers d’électeurs. Puis elle a lié toutes ces informations aux adresses, numéros de téléphone, voire, souvent, adresses électroniques des gens. « Le but est de récupérer le moindre élément de l’environnement informationnel concernant chaque électeur, » explique David, ex-employé de Cambridge Analytica. « Et les données sur la personnalité des gens ont permis à Cambridge Analytica de mettre au point des messages individualisés. »

Dans une campagne politique, il est essentiel de trouver des électeurs faciles à persuader et Cambridge Analytica, avec son trésor de données, pouvait cibler les gens au potentiel névrotique élevé, par exemple, et les bombarder d’images d’immigrants « envahissant » le pays. La clé consiste à trouver, pour chaque électeur individuel, des déclencheurs d’émotion.

Sur son blog, Dominic Cummings, stratège de campagne du Vote Leave, a publié des milliers de mots sur la campagne du Brexit. Sur ces analyses de données, rien ! Pourquoi ?

Le 29 mars, le jour où le Royaume-Uni a invoqué l’article 50, j’ai appelé le QG de l’une des petites équipes de campagne, Veterans for Britain. La stratégie de Cummings a consisté à cibler les gens au dernier moment et dans la semaine qui a précédé le référendum, Veterans for Britain a reçu 100 000 livres sterling de la part de la campagne Vote Leave. Un petit groupe de personnes considérées comme faciles à convaincre ont été bombardées de plus d’un milliard de publicités dans les tout derniers jours pour la plupart.

On s’est joué de nous, le peuple britannique. Sur son blog, Dominic Cummings écrit que le vote en faveur du Brexit s’est joué à 600 000 personnes près : à peine plus d’1 % des inscrits. Il n’est pas très difficile d’imaginer qu’un membre des 1 % les plus riches du monde a trouvé le moyen d’influencer ce petit 1 % fatidique d’électeurs britanniques.

L’article 50 a été invoqué. La Commission électorale est impuissante. Et dans un mois un autre élection, avec les mêmes règles. Pourtant les autorités savent bien qu’il y a des raisons d’être inquiets. The Observer a appris que le Crown Prosecution Service a bien nommé un procureur spécial afin d’engager une une enquête criminelle pour savoir si les lois sur le financement des campagnes ont été enfreintes. Le CPS l’a renvoyé à la commission électorale.

Telle est la Grande-Bretagne en 2017. Une Grande-Bretagne qui ressemble de plus en plus une démocratie « encadrée ». Achetée par un milliardaire américain. Utilisatrice de technologie de type militaire. Livrée par Facebook. Tout ça rendu possible par nous. Si nous laissons passer le résultat de ce référendum, nous donnons notre consentement implicite. La question n’est pas de rester ou partir (Remain ou Leave). Ça va bien au-delà de la politique des partis. Il s’agit du premier pas vers un monde audacieux, nouveau et de plus en plus antidémocratique.

Grise Bouille, tome 2 : lisez des BD moches !

mar, 16/05/2017 - 03:30

Simon Giraudot nous les brise menu. Quand on a son talent, on arrête de faire le modeste, de prétendre à l’autodérision, de se faire tout petit face aux grands maîtres qu’on a adulés depuis tout petit (« Ahhh Gotlib, quel génie ! », etc.).

Mais c’est plus fort que lui : cette année encore le voilà qui récidive avec son pourtant génial Grise Bouille. Tiens, rien qu’avec un nom pareil, le gars se tire une roquette dans le pied. Passons. Et en plus c’est le même titre que le premier, juste « Grise Bouille 2 », même pas un effort pour le vendre, genre : « Grise Bouille revient, il va vous en coller plein la tronche », « Grise Bouille, l’alarme absolue contre la connerie » ou quelque autre slogan un peu chatouilleur.

Et les textes.

Vous vous rendez compte des textes ? Ce mec écrit avec une acuité et une verve dont nous sommes tous jaloux et il insère ça un peu au hasard dans des bulles et des sortes d’éditoriaux entre les dessins au lieu de chroniquer l’actu dans Fakir ou Rue89. Franchement, Simon, faut que t’arrêtes de pas te la péter.

Bon mais à quoi ça sert qu’on lui dise ça ? il est trop buté l’animal, nous on n’y arrive plus.

À moins que vous peut-être…

Vous qui allez télécharger et/ou acheter ce nouveau volume depuis sa page Framabook, vous, qui suivez ses petits chefs-d’œuvres depuis des années et vous qui peut-être allez au contraire les découvrir (tous ses albums sont disponibles chez Framabook), vous avez un rôle à jouer : lisez, diffusez, détournez ses albums, faites-les connaître et apprécier, inondez ses comptes twitter, mastodon et framasphère de compliments dithyrambiques, érigez à sa gloire un monument d’éloges, bref traitez-le comme il le mérite !

Nous, on sait plus quoi lui dire à part lui poser des questions…

Hello Gee !

Tu présentes le tome 2 de ton blog, qui rassemble les articles de l’année 2016… alors ce 2016, c’est un bon cru ?

Le tome 2, c’est moins d’articles mais plus de pages que le tome 1 : des articles souvent plus longs, plus étayés, qui prennent leur temps pour poser les choses. Je pense que c’est aussi une BD qui « se cherche » moins que pendant la première année. Il y a un côté plus affirmé, plus assuré. Quant à savoir si c’est un bon cru… c’est au lecteur de juger, non ?

À chaque bilan/rétrospective d’une année, on a envie de se dire « ouais, ça peut pas être pire, l’an prochain ça ira mieux… » Ce coup-là aussi ?

C’est plus compliqué que ça. D’un côté, faut pas se leurrer, c’est la merde intégrale, entre l’urgence sociale et environnementale que personne ne semble prendre en compte sérieusement (t’as qu’à voir les résultats du 1er tour de la présidentielle) et cet espèce de fatalisme qui s’insinue chez tout le monde. Et en même temps, il reste ce mouvement de fond, diffus, de gens qui s’informent et qui en s’informant se font de moins en moins avoir ; de gens qui essaient de construire, de faire des choses différemment ; de gens qui essaient d’insuffler un peu d’espoir dans cette société et, au passage, d’en retrouver pour eux-mêmes.

Et perso, le cynisme de convenance, j’ai donné, merci. Je préfère me concentrer sur ce qu’on va pouvoir faire, nous les gens, ensemble, ça me permet au moins de me lever le matin sans avoir envie de me recoucher immédiatement. Ça ne m’empêchera pas de gueuler sur les politiciens, hein, mais c’est pas mon mètre-étalon de ce qui est important dans notre société (sinon, t’imagines dans quelle merde on serait). Bref, pendant que les dominants encouragent un monde qui court à sa perte, nous on continue d’essayer autre chose. Et le pire, c’est que si ça trouve, on va y arriver.

Mais bon, Grise Bouille ne parle pas que d’actualité, c’est même une petite part de ton blog… D’ailleurs qu’est-ce que tu préfères préparer : un article de vulgarisation informatique ou un article fun et fan sur Star Wars ou Harry Potter ?

Je vais te dire, ce que je préfère, ce sont les articles complètement débiles comme « Le grand cerf et le lapin » ou encore « Dragon & fine aigrette ». Parce qu’en fait, quand je commence à écrire un truc comme ça, y’a une espèce de liberté, je sais que je peux partir dans les délires les plus idiots et pousser le concept à fond. Peu importe, l’idée c’est qu’on se marre un peu plus à chaque case. Et c’est vachement jouissif d’écrire des trucs comme ça : c’est typiquement le genre d’article où je me marre moi-même en relisant (ouais je sais, faut pas dire ça normalement, ça fait mec content de lui, mais j’assume).

Le revers de la médaille, c’est que trouver un sujet qui me permette de partir dans des délires du genre, c’est pas si simple, du coup il y a assez peu d’articles comme ça. En général je fais comme Gotlib, je prends une histoire de la culture populaire / traditionnelle et je la triture dans tous les sens.

Note que ce sont aussi des articles qui sont en général moyennement lus / partagés (beaucoup moins que les articles politiques et scientifiques), donc peut-être que ça ne fait marrer que moi.

Euh l’autre ! Pourquoi tu fais des efforts pour qu’on te prenne pas au sérieux alors que tu dis des choses importantes ? Tu veux nous faire croire que tu fais seulement des petits mickeys ?

Attends, Mickey c’était un gros rebelle, au début !

Enfin bon, j’ai jamais bien compris cette espèce de loi que certains voudraient mettre en place et qui dit qu’un dessin enfantin ne peut porter qu’un discours enfantin. Vous avez déjà regardé South Park ? Le dessin, sur mes blogs, ça a toujours été un support pour porter un discours : les deux traits tracés à l’arrache sur une tablette graphique minuscule, ça veut juste dire que je suis pressé de dire ce que j’ai à dire. Je pense que si je n’avais pas su dessiner du tout, j’aurais juste fait un blog avec du texte. D’ailleurs ça m’arrive de me passer des dessins.

Les dessins, l’avantage, c’est que ça apporte aussi une distance : Grise Bouille, c’est pas un type qui a la science infuse qui vous déverse la vérité absolue, ce sont des petits personnages qui taillent le bout de gras et à vous de voir ce que vous voulez en retirer. Oui je sais, ça sonne un peu comme « amis lecteurs, démerdez-vous », mais après tout c’est libre, ni repris ni échangé, et sans garantie.

Y’a une vraie évolution dans ton blog, on sent que tu as une envie de plus en plus appuyée que ton lectorat se détende ET réfléchisse… L’un va avec l’autre ?

Je pense que c’est dans la continuité du précédent. L’un ne va pas nécessairement avec l’autre, mais ça peut aider : tu retiens toujours mieux les paroles d’une chanson que tu aimes bien que les intégrales et dérivées usuelles… alors si ta chanson peut parler de maths, quelque part, ça peut t’aider à les retenir. Après, dans le blog, l’un va parfois sans l’autre aussi : les articles politiques de cette année sont parfois assez peu humoristiques tellement ils témoignent d’un sentiment d’écœurement ; à l’opposé, certains articles purement humoristiques n’ont pas franchement de valeur de réflexion (encore que ;) ).

Cliquez-y la face si vous voulez atterrir sur son blog !

Dis donc, tu te fous de la gueule de tout le monde, finalement ! Tu serais pas un peu anarchisse ?

Ah parce que l’anarchisme, tu résumes à ça à se foutre de la gueule de tout le monde ? C’est vachement réducteur, non ? Disons que l’humour me semble avoir plus de sens et de poids lorsqu’il est dirigé contre les dominants et les puissants. De ce point de vue, il y a effectivement un aspect de refus de l’autorité (ou des autorités, voire même des figures d’autorité). Je vais pas jouer au chevalier blanc, moi aussi j’me suis marré devant les Deschiens et les Bidochons, mais j’ai de plus en plus de mal avec ça : y’a un vrai côté mépris de classe dans la moquerie du plus pauvre, du moins cultivé, du plus beauf, du plus prolo (rayez les mentions inutiles) qui, à mon sens, joue dans le sens du système qui a tout intérêt à monter les gens les uns contre les autres en bas de l’échelle.

Alors que c’est tellement plus amusant de se foutre de la gueule de la tripotée de branquignols qui ont les clefs du dit système, les Macron, les Hollande, les Sarko, les Arnault, les Bettencourt, etc. Se moquer d’un con, c’est bien, se moquer d’un con qui a du pouvoir, c’est mieux. Après, on va pas péter plus haut que nos culs (de peur d’avoir du caca derrière les oreilles), c’est pas avec mes gribouillages et mes jeux de mots pourris qu’on va faire la révolution, m’enfin si ça peut en donner l’ambiance (festive, cela va de soi), c’est déjà ça.

Non franchement, il est bien ton bouquin, là… mais c’est un peu mal dessiné, quand même, hein ? Genre bâclé, quoi.

J’suis bien d’accord, heureusement que la version numérique est gratos, sinon t’imagines le scandale ? D’ailleurs heureusement que Pouhiou a fait la préface, c’est ma caution intellectuelle pour arriver à vendre cette connerie. (Note de Pouhiou : « Eh ben on a pas le cul sorti des ronces. Pourtant mon cul… »)

Bon, après, même le titre dissimule à peine le fait que ce sont des gribouillages, alors faites pas comme si vous étiez pas prévenus. Pis au moins, vous souffrirez pas du syndrome d’infériorité en lisant mes bouquins, y’a un côté « dédramatisons le dessin ». Moi par exemple, j’ai arrêté de regarder les BD de David Revoy, attends, c’était trop joli, ça me déprimait en me renvoyant à ma propre médiocrité.

Bref, soyez décomplexé⋅e⋅s, lisez des BD moches !

Pour aller plus loin :

Framasoft sur les routes, et sur un nouveau T-shirt !

ven, 12/05/2017 - 11:28

Un nouveau T-shirt Framasoft (et le mugounet qui va avec) pour briller lors des événements où nous pourrons nous rencontrer sous le soleil du printemps… et de l’été !

Nouveau T-shirt : la route est longue…

Soyons franc·he·s : on n’est pas foutu·e·s de faire un T-shirt.

Voilà plus de deux ans qu’on a changé de logo, et… rien. Ah ça, pour dégoogliser, y’a du monde, hein ! Mais quand il s’agit de pondre un visuel, contacter des fournisseurs, se mettre d’accord un modèle, créer et gérer un stock… y’a plus un GNU à l’horizon !

Alors nous avons choisi la solution de facilité et lancé une campagne chez Keewi.io, le « Ulule du T-shirt ». Le principe : on propose un visuel. Nous, on a choisi de le mettre sur un T-shirt unisexe et sur un mug. On s’est dit comme ça : « Si d’ici le 22 mai, y’a au moins 100 produits pré-commandés, la production est lancée. Sinon, tout le monde récupère ses sous et rentre chez soi. »

Cliquez sur le mug si vous voulez faire une commande

Le 3 mai, nous avons commencé à en parler… exclusivement sur les réseaux sociaux Libres : notre compte Framasphère*, et notre fil Framapiaf. En 24h, les 100 premières pré-commandes étaient atteintes ! Dès le 9 mai, on a fait circuler l’info sur notre fil Twitter et notre page Facebook. Et aujourd’hui : on vous en parle ici !

Après le 22 mai : y’en a plus !

Ben oui, c’est une campagne, et une campagne, ça se termine. Nous, le principe nous va assez bien… vu qu’on expérimente !

L’avantage pour nous est double : ne pas avoir toute la production/vente/distribution à gérer (donc avoir plus de temps pour Dégoogliser), et savoir si ce genre de goodies vous intéressent vraiment, ou si c’est juste un plaisir de l’entre-soi… Et pour l’instant, c’est un succès, plus spécifiquement un succès offert par les « vrai·e·s fans » de Framasoft, a priori.

Ce procédé nous offre en plus l’occasion de faire un prix tout petit (13 € 37, c’est pas un hasard). Nous savons que c’est pas avec des T-shirts qu’on va remplir la marmite, du coup on a choisi de pas beaucoup marger dessus. Là, c’est pour se faire plaisir et pour pouvoir porter des couleurs et une devise qui nous parlent, même si les cordons de la bourse sont assez serrés.

Alors voilà, c’est pas parfait hein, c’est une expérimentation, y’a des inconvénients et défauts, mais c’est mieux que ce que nous faisions jusqu’à présent (à savoir : rien depuis deux ans). Du coup, si vous en voulez, faut se bouger : vous avez jusqu’au 22 mai !

Et si vous cliquez sur le T-shirt, vous tomberez… ben sur la page où on peut le commander.

À propos de route : on sera dessus !

Avec les beaux jours arrivent les festivals qu’on aime bien et où on se retrouve avec délices.

Avec seulement 30 membres et 7 salarié·e·s, notre micro-association a beau se plier en quatre, on ne peut pas être partout !

Néanmoins, vous pourrez nous retrouver…

Alors vu que la voie est Libre, on espère qu’elle sera assez dégagée pour que nous nous rencontrions sans encombres !

Quand les recommandations YouTube nous font tourner en bourrique…

jeu, 11/05/2017 - 04:35

Vous avez déjà perdu une soirée à errer de vidéo en vidéo suivante ? À cliquer play en se disant « OK c’est la dernière… » puis relever les yeux de votre écran 3 heures plus tard… ?

C’est grâce à (ou la faute de, au choix !) l’algorithme des recommandations, une petite recette qui prend plein d’éléments en compte pour vous signaler les vidéos qui peuvent vous intéresser.

Guillaume Chaslot a travaillé sur cet algorithme. Il a même créé un petit outil open-source pour le tester, afin de valider sa théorie : ces recommandations nous pousseraient de plus en plus vers les « faits alternatifs » (ça s’appelle aussi une légende urbaine, un complot, une fiction, du bullshit… vous voyez l’idée.)

Le groupe Framalang a décidé de traduire cet article passionnant.

Ne soyons pas complotistes à notre tour. Cet article ne dit pas que Google veut nous remplir la tête de mensonges et autres légendes numériques. Il s’agirait là, plutôt, d’un effet de bord de son algorithme.

Nous ne doutons pas, en revanche, qu’un des buts premiers de Google avec ses recommandations YouTube est de captiver notre attention, afin de vendre à ses clients notre temps de cerveau disponible (et d’analyser nos comportements au passage pour remplir ses banques de données avec nos vies numériques).

Sauf qu’avec ce genre de vision (et de buts) à court/moyen terme, on ne réfléchit pas au conséquences sur le long terme. Lorsque l’on représente l’endroit où une grande portion de notre civilisation passe la majeure partie de son temps… C’est problématique, non ?

Tout comme les révélations de Tristan Harris, ce témoignage nous rappelle que, même chez les géants du web, notre monde numérique est tout jeune, immature, et qu’il est grand temps de prendre du recul sur les constructions que nous y avons dressées : car chacun de ces systèmes implique ses propres conséquences.

“The things you own end up owning you » de koka_sexton sous licence CC BY 2.0
(« Ce que vous possédez finit par vous posséder », une citation de Fight Club)

Comment l’I.A. de YouTube favorise les « faits alternatifs »

de Guillaume Chaslot, source : Medium.

Traduction : Jerochat, jaaf, dominix, mo, goofy, Asta, Opsylac, Nimanneau, audionuma, Lyn. + les anonymes

Les I.A. sont conçues pour maximiser le temps que les utilisateurs passent en ligne… Et pour ce faire, la fiction, souvent, dépasse la réalité.

Tout le monde a déjà entendu parler des théories du complot, des faits alternatifs ou des fake news qui circulent sur Internet. Comment sont-ils devenus si répandus ? Quel est l’impact des algorithmes de pointe sur leur succès ?

Ayant moi-même travaillé sur l’algorithme de recommandation de YouTube, j’ai commencé à enquêter, et je suis arrivé à la conclusion que le puissant algorithme que j’avais contribué à concevoir joue un rôle important dans la propagation de fausses informations.

Pour voir ce que YouTube promeut actuellement le plus, j’ai développé un explorateur de recommandations open source qui extrait les vidéos les plus recommandées sur une requête donnée. Je les ai comparées aux 20 premiers résultats venant de requêtes identiques sur Google et Youtube Search.
Les résultats sur les 5 requêtes suivantes parlent d’eux-mêmes :

1 — Question élémentaire : « La Terre est-elle plate ou ronde ? »

2 — Religion : « Qui est le Pape ? »

Pourcentage des résultats à propos du pape affirmant qu’il est « le mal », « satanique », « l’antéchrist »

3 —Science : « Le réchauffement climatique est-il une réalité ? »

Pourcentage des résultats affirmant que le réchauffement climatique est un canular

4 —Conspirations : “Est-ce que le Pizzagate est vrai ?”

Le Pizzagate est une théorie du complot selon laquelle les Clinton auraient été à la tête d’un réseau pédophile en lien avec une pizzeria de Washington. Des vidéos faisant la promotion de cette théorie ont été recommandées des millions de fois sur YouTube pendant les mois précédant l’élection présidentielle américaine de 2016.

5 — Célébrités : “Qui est Michelle Obama ?”

Pourquoi les recommandations sont-elles différentes des résultats de recherche ?

Dans ces exemples, une recherche YouTube et une recommandation YouTube produisent des résultats étonnamment différents, alors que les deux algorithmes utilisent les mêmes données. Cela montre que de petites différences dans les algorithmes peuvent produire de grosses différences dans les résultats. La recherche est probablement optimisée dans un objectif de pertinence, alors que les recommandations prennent sûrement davantage en compte le temps de visionnage.

YouTube ne recommande pas ce que les gens « aiment ».

Étonnamment, on remarque que les « j’aime » ou « je n’aime pas » (pouce bleu ou rouge) ont peu d’impact sur les recommandations. Par exemple, beaucoup de vidéos qui prétendent que Michelle Obama est « née homme » ont plus de pouces rouges que de bleus, et pourtant elles sont toujours fortement recommandées sur YouTube. Il semble que YouTube accorde davantage d’importance au temps de visionnage qu’aux « j’aime ».

Ainsi, si « la Terre est plate » maintient les utilisateurs connectés plus longtemps que « la Terre est ronde », cette théorie sera favorisée par l’algorithme de recommandation.

L’effet boule de neige favorise les théories du complot.

Une fois qu’une vidéo issue d’une théorie du complot est favorisée par l’I.A., cela incite les créateurs de contenus à charger des vidéos supplémentaires qui confirment le complot. En réponse, ces vidéos supplémentaires font augmenter les statistiques en faveur du complot. Et ainsi, le complot est d’autant plus recommandé.

Finalement, le nombre important de vidéos qui soutiennent une théorie du complot rend cette dernière plus crédible. Par exemple, dans l’une des vidéos sur le thème de « la terre plate », l’auteur a commenté

« Il y a 2 millions de vidéos sur la « terre plate » sur YouTube, ça ne peut pas être des c*** ! »

Ce que nous pouvons faire

L’idée ici n’est pas de juger YouTube. Ils ne le font pas intentionnellement, c’est une conséquence involontaire de l’algorithme. Mais chaque jour, les gens regardent plus d’un milliard d’heures de contenu YouTube.

Parce que YouTube a une grande influence sur ce que les gens regardent, il pourrait également jouer un rôle important en empêchant la propagation d’informations alternatives, et le premier pas vers une solution serait de mesurer cela.

Faites des expériences avec l’explorateur de recommandations si vous souhaitez découvrir ce que YouTube recommande le plus au sujet des thèmes qui vous tiennent à cœur.

Des nouvelles de notre ami Facebook – mai 2017

mer, 10/05/2017 - 02:08

La revue de presse de Jonas, qui paraît quand il a le temps.

Tiens ça faisait un moment qu’on ne vous avait pas parlé de Facebook — Hein ? On en parle tout le temps ?

Oui bien sûr, mais son emprise est telle qu’on pourrait tenir une chronique quotidienne sur ce Léviathan. Dans la surabondante actualité de ce géant du Net, Jonas a prélevé trois petites choses :

1. C’est la grande forme

Quand nous nous réjouissons du rapide succès des instances de Mastodon en si peu de temps (venez sur Framapiaf, ou mieux installez votre propre instance et rejoignez le Fediverse) qui a dépassé les 600 000 utilisateurs en un mois, nous sommes bien loin de l’usage massif des réseaux sociaux propriétaires et centralisés. En ce qui concerne Facebook c’est « 1,94 milliard d’utilisateurs actifs mensuels, en hausse de 17 % par rapport au premier trimestre de 2016, avec un bénéfice net d’un peu plus de 3 milliards de dollars, en hausse de 76 pour cent par rapport à la même période l’an dernier », comme le rappelle le magazine the Verge.

 2. À la conquête de ce qui reste du monde

Facebook va toujours plus loin dans l’offre du « tout compris », il s’agit maintenant de maintenir captive la clientèle en lui proposant un service de messagerie. C’est ce que résumait le mois dernier l’article de NextInpact : la Messenger Platform 2.0 veut conquérir le monde avec ses bots. Car il ne s’agit pas d’une messagerie comme les autres : les bots doivent faire l’essentiel du travail :

Des bots de traduction aidant les réfugiés, aux bots qui répondent aux questions de santé, aux occasions de soutenir les causes et même les expériences qui aident les élèves à faire leurs devoirs, la créativité, l’ingéniosité et la vision de notre communauté de développeurs de bot ont été géniaux.
Nous pensons que Messenger va devenir le nouveau salon social du monde, où les gens peuvent sortir, partager, discuter, jouer à des jeux ou acheter des choses, tout en pouvant atteindre presque tout le monde, où qu’ils se trouvent. Nous pensons maintenant que nous combinons deux outils du passé : l’annuaire téléphonique (comme nous l’avons utilisé pour trouver des personnes) avec les Pages Jaunes (la façon dont nous avons l’habitude de trouver des entreprises). (source : le Newsroom de Facebook)

On l’a compris : l’objectif de Facebook, comme celui des autres géants du web est d’investir l’espace privé comme l’espace public, à tout instant, en effaçant le plus possible la limite déjà peu perceptible entre service rendu et commerce, sans solution de continuité. Le monde que propose Facebook à ses milliards d’utilisateurs est celui des animaux en batterie dans une ferme industrielle.

Vaches charolaises – photo par JPC24M – (CC-BY-SA-2.0)

3. L’intrusion est une vocation

Avec Facebook, c’est deux pas en avant, un pas en arrière… à chaque fois que Facebook est pris la main dans le sac pour une pratique douteuse, l’ineffable Mark Zuckerberg jure ses grands dieux, la main sur le cœur, que c’était pour la bonne cause, que toutes les précautions ont été prises, qu’aucune loi n’a été transgressée… et peu à peu nous baissons la garde et Facebook s’autorise à des pratiques de plus en plus douteuses.
Souvenez-vous, déjà en 2012, Facebook a mené une expérience qui avait déclenché la polémique sur certains de ses utilisateurs. Près de 700.000 d’entre eux ont servi de cobayes sans le savoir. Des scientifiques ont modifié les flux d’actualité des utilisateurs en bougeant le curseur du nombre de messages positifs et négatifs, pour observer les réactions sur « l’humeur » des cobayes… (source : magazine ZDNET 700 000 utilisateurs manipulés par une expérience sur la contagion émotionnelle).

Aujourd’hui, ces pratiques douteuses semblent n’avoir pas changé. En effet, le journal The Australian révèle que Facebook a mené des recherches pour cibler les adolescents émotionnellement vulnérables et insécurisés de manière à faciliter les pratiques publicitaires prédatrices.

En surveillant les messages, les commentaires et les interactions sur le site, Facebook peut savoir quand les personnes âgées de 14 ans se sentent « vaincues », « submergées », « stressées », « anxieuses », « nerveuses », « stupide », « idiot », « inutile » et « échec ».Ces informations recueillies au moyen d’un système sur l’analyse du sentiment pourraient être utilisées par les annonceurs pour cibler les jeunes utilisateurs de Facebook lorsqu’ils sont potentiellement plus vulnérables.

Dessin réalisé par l’artiste Pawel Kuczynski (son site Web)

La politique d’utilisation des données de Facebook nous avertit que l’entreprise « peut utiliser les informations que nous recevons à propos de vous… pour les opérations internes, y compris le dépannage, l’analyse des données, les tests, la recherche et l’amélioration des services ».
Les informations telles que votre statut « relationnel », votre emplacement, votre âge, votre nombre d’amis et à la manière dont vous accédez au site sont vendus aux annonceurs.

Encore une fois, Facebook a rapidement présenté des excuses et a déclaré à l’Australian :

une enquête sera menée sur la question, nous admettons qu’il était inapproprié de cibler les jeunes enfants de cette manière.

— des excuses… jusqu’à la prochaine fois ?

Allez hop, on vous rappelle avec ce bon vieux Richard Stallman que…

Facebook n’est pas votre ami, c’est un système de surveillance (source)

Framalibre : une ressource vous manque ? À vous de l’ajouter !

mar, 18/04/2017 - 11:24

Nous vous avons récemment présenté la refonte de notre projet historique, l’annuaire de Framasoft. Comme tous nos outils, celui-ci n’aura de sens que si vous vous en emparez.

Voici le troisième et dernier tutoriel de cette série vous aider à découvrir, utiliser et participer à ce grand projet collaboratif. Cette semaine, on vous incite à participer à cet annuaire du Libre. En effet, comme une belle auberge espagnole (ou comme le 6e site web le plus visité au monde) : vous n’y trouverez que ce que vous y apporterez.

Créer une notice

Voici un exemple de notice, une fois remplie.

Nous avons fait en sorte que ce soit le plus simple possible :

  1. Faites une recherche pour bien vérifier que la notice que vous voulez ajouter n’existe pas déjà ;)
  2. Créez-vous un compte (cf. tuto précédent)
  3. Connectez-vous à votre compte
  4. Cliquez sur « ajouter une notice » toujours présent dans une colonne latérale.
7 types de notices différentes

Le bouton « ajouter une notice » vous propose un choix déroulant qui vous mènera vers 7 formulaires différents. Il convient de choisir celui le mieux adapté au type de ressource que vous voulez présenter :

  • Logiciel : ajouter un logiciel libre
  • matériel : ajouter une référence pour du matériel, outils, dispositifs, etc.
  • Un article : ajouter un article issu d’une revue, d’un journal, d’un blog, d’un site… (utile pour la catégorie « S’informer », par exemple)
  • Chronique : ajouter une chronique critique à propos d’une ressource de l’annuaire (attention, il s’agit là d’un complément à une notice, et non pas d’une notice en soi !)
  • Livre : pour signaler une monographie ou un ouvrage collectif
  • Média : ajouter une ressource multimédia (vidéo, musique, diaporama…)
  • Ressource générique : Ajouter une autre ressource (contenu non spécifique)

Notez que les types de ressources ne sont pas des catégories : vous pouvez très bien créer une ressource de type Média et la ranger dans la catégorie « électronique » car il s’agit par exemple d’un tutoriel sur un montage électronique. À vous de voir ce qui est le mieux approprié.

À remplir obligatoirement

Il y a quelques champs à remplir obligatoirement, car sans eux votre notice ne serait pas vraiment utile…

  • La catégorie (et sous-catégorie) : à choisir parmi celles existantes.
  • Le titre de la ressource (le nom, l’intitulé, le titre, etc.)
  • Le lien officiel : le but de cet annuaire est de fournir les liens des sites officiels des ressources.
  • Les tags (mots clés) : choisir de préférence parmi les tags existants (en tapant les premières lettres), ils permettent de relier la ressource à celles qui lui correspondent. C’est une fonctionnalité importante de l’annuaire car grâce à elle des découvertes sont possibles.
  • La description.
Les champs complémentaires :

Bien entendu, si les autres champs sont présents, c’est que nous les jugeons importants. Fournir un ou plusieurs visuels de votre ressource (capture d’écran, logo, photo, pochette, etc.) ou un résumé court est essentiel si vous voulez que sa notice donne envie d’en savoir plus.

N’hésitez donc pas à rechercher plus en profondeur (le site officiel ou la page wikipédia de la ressource, par exemple) afin de bien remplir l’ensemble des champs demandés… une fois le ou les visuels fournis, remplir une fiche peut prendre 5 minutes montre en main…

Des questions ? La foire aux questions

Nous maintenons à jour une foire aux questions sur Framalibre afin de vous permettre de maîtriser le site en toute autonomie… Vous y trouverez des astuces pour créer votre notice, comme :

L’équipe de modération

L’équipe de modération recevra automatiquement les courriels envoyés grâce au formulaire accessible depuis le bouton « signaler un contenu ».

Bien sûr les possibilités de signalement sont limitées : c’est parce qu’elles ne concernent que les situations où le simple utilisateur n’est pas en mesure d’agir (doublons, malveillances, etc.).

S’il s’agit de modifier une notice, par exemple, vous pouvez le faire directement et même contacter le créateur de la notice.

Si vous désirez suggérer une amélioration technique de l’annuaire, vous pouvez contribuer en écrivant une issue sur le dépôt GIT du projet.

Pour rejoindre l’équipe de modération, il faut les retrouver sur le forum des bénévoles de Framasoft.

Modifier une notice (et le suivi de versions)

Si vous voyez une erreur, un manque, ou une information obsolète dans une notice, nous vous encourageons fortement à proposer une modification, c’est cela qui fait vivre l’annuaire et permet qu’il soit à jour !

Là aussi, vous devrez être connecté·e à votre compte Framalibre afin de pouvoir proposer des modifications.

Pour soumettre une mise à jour d’une notice, il suffit de cliquer !

 

Comment modifier une notice ?
  1. Allez sur la fiche de la notice
  2. cliquez sur l’onglet modifier au-dessus de la notice (à côté de l’onglet « Voir ») OU sur « Soumettre une mise à jour »
  3. Effectuez les modifications dans le formulaire.
  4. (optionnel) Relisez à l’aide de l’Aperçu, ou vérifiez les changements avec le bouton « Voir les modifications »
  5. Enregistrez votre mise à jour.

À chaque fois qu’une notice est modifiée, son créateur est prévenu par courriel. Il se génère aussi une archive de la notice dans sa version préexistante. Les différentes versions (l’historique des modifications et les noms des contributeurs) peuvent alors être visualisées et comparées (à la manière d’un wiki).

Ainsi à chaque fois que vous modifiez une notice, vous pouvez commenter votre révision, cela aidera le créateur à comprendre votre intention. Les révisions des notices (lorsqu’il y en a) sont accessibles en ajoutant le mot « revisions » (sans accent) à l’adresse de la notice, ainsi : framalibre.org/content/nom-de-la-notice/revisions

Une fois ma modification proposée…

Elle est automatiquement validée et le créateur originel est prévenu par courriel.

Dès lors, la personne ayant créé la notice pourra voir vos apports et interagir le cas échéant.

En cas de litige ou d’absence, notre équipe de modération fera de son mieux pour vous aider.

Pour aller plus loin :

Le Libre expliqué aux jardiniers

ven, 14/04/2017 - 02:08

Parler du Libre est plus compliqué qu’il n’y parait : nous n’avons souvent que quelques minutes pour expliquer à la fois en quoi consiste la conception d’un logiciel libre…

… et pourquoi celle-ci diffère de l’industrie « conventionnelle », mais aussi quelle est l’approche éthique du mouvement, quel est l’intérêt des licences non-propriétaires, etc.
Max Barry est australien et propose une analogie avec l’agriculture. Bref et clair, un apologue comme on les aime sur le Framablog : après le loup et le chien (version aKa) et le pommier magique (de Ploum), voici

La parabole de la tomate

par Max Barry.
Texte original sur son blog : Tomato parable
Traduction framalang : Félicien, mo, Bromind, roptat, simon, goofy, Penguin, jaaf, Opsylac + 1 anonyme

J’ai écrit quelques lignes de code pour intégrer mes tweets sur mon site web. Voilà une déclaration qui n’aurait eu aucun sens en 1990. En fait, elle en a à peine davantage aujourd’hui. Mais je l’ai fait. Je suis fier de mon site. Je l’ai fait moi-même. De temps à autre, je reçois un courriel me demandant : « Quels logiciels as-tu utilisés pour faire ton site, où puis-je les trouver ? ». Je pense que la réponse est : faites-vous offrir un Commodore 64 pour votre dixième anniversaire sans aucun jeu sympa.

Mais ce n’est pas pour ça que j’écris cette chronique. J’écris car j’ai décidé de cultiver mes propres légumes. Quelques personnes de ma connaissance faisaient pousser leurs légumes elles-mêmes et n’arrêtaient pas de répéter à quel point c’est fantastique de ne plus dépendre des légumes industriels des grandes surfaces, qui sont mauvais pour plein de raisons… donc je me suis dit : pourquoi pas !

Photo par Tomwsulcer, via Wikimedia Commons (CC-0)

Au début, j’étais intimidé à l’idée de faire pousser des légumes. Quand je prends un légume, généralement c’est seulement parce que j’ai envie de le manger. Je n’ai pas envie d’être intimement impliqué dans sa création. J’avais peur de finir par passer plus de temps à me préoccuper de la santé de fragiles et complexes petits pois qu’à les manger.

Et puis un jour j’ai vu une publicité pour des graines génétiquement modifiées. Elle promettait de supprimer tous les inconvénients de la culture de légumes ; ça avait l’air intéressant. Les tomates seraient grosses et bien rouges, et je n’aurais rien à faire. J’en ai donc acheté.

Ça a énervé mes amis écolos. Surtout quand j’ai commencé à avoir des problèmes. La culture de mes franken-fruits était censée être simple, mais après quelques semaines tout le jardin a arrêté de pousser. Mes choux étaient flétris. Mes carottes anémiques. Mes épinards ne se reproduisaient pas. Ils n’étaient pas censés le faire, d’ailleurs. L’entreprise de produits génétiques les avait conçus stériles, pour que je sois obligé d’acheter de nouvelles graines à chaque saison. Mais je pensais pouvoir trouver une solution.

J’ai demandé de l’aide à mes amis écolos. Eh ben ! On aurait cru que je leur demandais un rein… Ils n’arrêtaient pas de remettre sur le tapis le fait que j’utilisais des graines OGM. Et au final, ils se sont tous rassemblés pour me dire : « Max… on ne peut plus t’aider. On aimerait bien. Mais tu t’es toi-même attiré ces problèmes. Le truc c’est que, quand tu nous demandes de l’aide, ce que tu nous demandes en fait, c’est d’utiliser nos compétences et nos connaissances pour favoriser un produit privatisé qui est non seulement inférieur dans la pratique à son alternative libre que tu as choisi d’ignorer, mais qui en plus est concrètement mauvais pour la planète. On ne peut tout simplement pas faire ça. »

Et voilà comment je leur ai appris à ne plus me demander de les aider avec Windows.

Plus de CHATONS, plus de confiance en Mastodon

mer, 12/04/2017 - 07:37

Les CHATONS vous proposent de nouvelles portes d’entrée de confiance vers Mastodon, le clone de Twitter libre et fédéré. Mais avant de vous les annoncer : penchons-nous sur une question simple : ça veut dire quoi, « libre et fédéré » ?

Faire du Twitter aussi libre que l’email

Première grosse différence entre Twitter et Mastodon : Mastodon est un logiciel libre. Ce qui veut dire qu’il respecte nos libertés individuelles (contrairement à Twitter). Que l’on peut en lire le code source, la « recette de cuisine » (celle de Twitter, elle, est cachée dans un coffre-fort légal). Donc que l’on peut savoir s’il y a une porte dérobée dans le service, ou que l’on peut repérer et réparer une faille (impossible de savoir ou de faire ça avec Twitter).

Capture écran de framapiaf.org – Notez le thème dédié concocté avec amour ^^

Deuxième grosse différence : c’est une fédération. Ce qui veut dire qu’il n’y a pas un seul endroit où s’inscrire, mais plein. « Ouh là là mais c’est compliqué, c’est quoi un système de fédération ? » allez-vous nous demander…

En fait, vous utilisez déjà un système informatique fédéré : l’email.

Vous pouvez vous créer une adresse mail où vous voulez, et communiquer avec tous les autres emails. Vous pouvez changer de fournisseur d’email, déménager. Vous pouvez vous créer une autre adresse mail, une au nom d’une célébrité ou d’un personnage de fiction (alors que non, vous n’êtes pas le vrai Gaston Lagaffe, on le sait). Vous pouvez même vous créer votre propre serveur email, pour votre entreprise, votre organisme d’enseignement, votre association…

Vous le savez : les options et conditions générales d’utilisation de Gmail ne sont pas les mêmes que celles de Microsoft Hotmail qui peuvent à leur tour différer des règles imposées pour l’email de votre boite. Parce que dans une fédération, chaque administration de serveur, chaque instance décide de ses propres règles du jeu.

Ben tout cela, c’est pareil pour Mastodon :

  • Vous choisissez la ou les instances où vous vous créez un compte ;
  • Vous choisissez votre identité sur chaque instance ;
  • Chaque instance a ses propres règles du jeu (renseignez-vous !) ;
  • Vous pouvez créer votre propre instance (Numérama explique pourquoi ils l’ont fait).

Framasphère, c’est un Facebook serein, libre et sans pub.

Oh, et si Twitter n’est pas votre tasse de thé, sachez qu’il existe un réseau libre et fédéré alternatif à Facebook : Diaspora*. Cela fait plus de deux ans que nous avons ouvert notre instance (on dit un « pod »), Framasphère, et vous y êtes les bienvenu·e·s ;)

L’enfer, c’est les autres (ou pas)

C’est étrange, mais dès qu’on parle de collaboration, de fédération, de réseaux… la réponse quasi-instinctive que l’on voit poindre dans les yeux de notre interlocuteur, c’est la peur. La méfiance. Comme si on croyait, au fond de nous, que « les autres » nous veulent forcément du mal (de base et par principe). Mais si je ne suis pas « malveillant par réflexe », et que je fais partie de « les autres » pour mon entourage… Peut-être que ce n’est pas toujours le cas ?

Bisounours n’est pas une insulte, mais un titre de gloire.
image © Sergent TOBOGO

Philosophie mise à part, le meilleur moyen de ne pas tomber dans le piège de la niaiserie, c’est de ne pas rester dans l’ignorance : une utilisation avertie en vaut 42. Voici donc quelques astuces qui valent pour toute fédération.

On peut se faire passer pour moi sur Mastodon ?

Oui, comme pour les emails : je peux me créer un email votrenom@jojolarnaque.com. Il va donc falloir que vous indiquiez à votre entourage sous quels pseudonyme et instance vous allez sur Mastodon (beaucoup l’inscrivent dans leur bio Twitter). Sachez que si les comptes parodiques clairement identifiés semblent légaux, l’usurpation d’identité numérique (même sous pseudonyme) peut être punie par la loi Française.

Et si je veux être Moi-officiel-certifié-promis-juré ?

C’est vrai que ça peut être pratique, mais surtout lorsqu’on est un organe de presse et que l’on veut certifier ses journalistes, par exemple… Dans ce cas, le meilleur moyen c’est de faire comme Numérama, et d’héberger sa propre instance Mastodon. Vous réservez l’inscription sur votre instance à votre personnel, et le tour est joué. Lorsque l’on reçoit un email de machin@numerama.com, on se doute que ça vient de leurs services. C’est pareil pour leur instance Mastodon ! En plus, pour une fois, les médias (et entreprises, organismes, personnalités, personnes…) ont la possibilité de choisir les règles du jeu de leur réseau social, plutôt que de se les laisser imposer par Twitter et consorts…

Et si Jojo l’arnaque ouvre un guichet, je fais comment pour savoir qu’il faut pas lui faire confiance avec mes missives sur les bras ?

C’est un vrai danger. Car lorsque vous vous inscrivez sur une instance Mastodon, c’est comme s’inscrire chez un fournisseur email : vous lui confiez des informations intimes (vos contacts, vos messages – même les plus privés, votre utilisation, etc.). Il faut donc savoir à qui vous pouvez faire confiance, une confiance qui doit pouvoir durer. Sachant qu’en plus votre niveau de confiance n’est pas forcément le même que le mien, personne ne peut répondre à votre place. Il faut donc se renseigner sur votre hébergeur. Voici un jeu de questions pratiques :

  • Qu’est-ce qu’il utilise comme (autres) logiciels, et sont-ils libres ? (exemple : Y’a du Google Analytics sur ses serveurs ?)
  • Quel est son modèle économique ? (Va-t-il vendre mes données à des publicitaires ? à des partis politiques ? Est-il payé par ailleurs et comment ? Est-ce moi qui le paye ?)
  • Où sont ces conditions générales d’utilisation ? (sont-elles faciles à lire ou volontairement complexes ? peut-il les modifier à tout moment ?)
  • Quelle est sa réputation dans le petit monde d’internet ? (pratique-t-il la transparence ? Où affiche-t-il ses ennuis techniques ? Puis-je le contacter aisément ?)
Pour Mastodon, faites confiance aux CHATONS

 

Panier de bébés blaireaux, par David Revoy (CC by) – Allégorie chatonesco-ironique :)

 

Le collectif des hébergeurs alternatifs dont nous avons fêté la naissance en octobre dernier a un but : s’engager sur du web éthique et respectueux de vos données en faisant respecter les engagements de notre charte et les valeurs décrites dans notre manifeste.

Voici donc une nouvelle liste d’instances Mastodon proposées dans le cadre de ce collectif, en complément de celle de la semaine dernière (ici en grisé).

 

G3L

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  • Site Officiel
  • Mastodon : https://m.g3l.org/
  • Inscriptions ouvertes, modération stricte
  • Modèle éco : invitation à don à l’association (soutien financier donc)
Framasoft

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SVNET.fr

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DryCat

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  • Site Officiel (en cours, chaton en devenir)
  • Mastodon : https://miaou.drycat.fr/about
  • Inscriptions ouvertes, modération stricte
  • Modèle éco : dons acceptés
Unixcorn

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Zaclys

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  • Site Officiel
  • Mastodon : https://mastodon.zaclys.com
  • Inscriptions ouvertes, modération stricte
  • Particularités : signature dkim sur le domaine de messagerie
  • Modèle éco : gratuit ou don libre (en cours de discussion, dépend des ressources utilisées, sinon réservé adhérents)
ROFLCOPTER.fr

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Outils Conviviaux

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IndieHosters

  • Site Officiel
  • Mastodon : https://mastodon.indie.host
  • Inscriptions payantes, modération stricte
  • Modèle éco (vente de services) :
    • 10 % du chiffre d’affaire reversé à Mastodon
    • 125€/an pour une instance privée (<10 utilisateurs)
    • instance privée >10 utilisateurs – nous contacter : contact@indie.host
    • 24€/an pour un compte sur notre instance partagée

 

Notez que l’instance Framasoft, nommée https://framapiaf.org (après moult débats internes !) bénéficie d’un thème personnalisé aux petits oignons. Framasoft aura de plus fait sa part, en traduisant en français la documentation, et en traduisant un grand nombre de chaînes manquantes au logiciel Mastodon. Toutes ces contributions sont ou seront, évidemment, proposées à l’intégration au code source originel.

Cela porte donc à 9 le nombre de chatons (ou candidats-chatons) proposant des instances Mastodon. Ce qui représente tout de même plusieurs (dizaines de) milliers de places :-)

Et, si ça ne vous suffit pas, les CHATONS ne sont pas évidemment pas les seuls hébergeurs de confiance qui proposent une instance Mastodon. Tiens, rien que parmi les potes qu’on connaît bien, nous on pourrait aller les yeux fermés chez :

Nous vous souhaitons de joyeux Pouets, et pour bien apprendre à utiliser ce réseau, n’oubliez pas :

Vous pouvez d’ores et déjà nous suivre notre compte @framasoft@framapiaf.org sur https://framapiaf.org/@framasoft !

Framalibre : se créer un compte, ça compte !

mar, 11/04/2017 - 11:23

Nous vous avons récemment présenté la refonte de notre projet historique, l’annuaire de Framasoft. Comme tous nos outils, celui-ci n’aura de sens que si vous vous en emparez.

Voici le deuxième tutoriel d’une série de trois pour vous aider à découvrir, utiliser et participer à ce grand projet collaboratif. Cette semaine, voyons comment pourquoi se créer un compte sur cet annuaire du Libre. Car si vous voulez tirer amplement parti de cet annuaire, nous vous recommandons fortement de vous créer un compte…

Comment se créer un compte ?

 

  1. Cliquez sur « Créer un compte » en haut à droite.
  2. Entrez un nom d’utilisateur/utilisatrice (les espaces sont permis !) et une adresse email valide (elle vous servira de contact régulièrement dans votre utilisation de l’annuaire).
    N’oubliez pas de déjouer le CAPTCHA pour montrer que vous n’êtes pas un robot (oui, c’est tellement facile qu’on pourrait avoir des doutes, mais non… y’a pas de piège !)
  3. Ouvrez votre boite email pour cliquer sur le lien d’activation dans les 24h suivant vote demande (si vous ne le trouvez pas dans la boite de réception, vérifiez le dossier des indésirables ;) !)
  4. Remplissez le formulaire de présentation et cliquez sur « Enregistrer »

À noter : seuls les champs de votre mot de passe sont obligatoires, le reste, c’est juste si vous souhaitez agrémenter votre profil ^^ !

Pour donner des étoiles !

 

Sur chacune des notices, vous pouvez attribuer de 1 à 5 étoiles à la ressource concernée.
Ces étoiles concernent la ressource (le logiciel, le livre, le site web) et non la qualité de la notice.
Ce système de notation permet, à terme, de faire remonter les ressources les plus pertinentes et utilisées dans les différent modules, et de donner un aperçu des avis populaires aux personnes qui viendraient découvrir une nouvelle ressource.

Pour créer votre registre !

Votre registre contiendra toutes vos notices favorites, c’est à dire les notices dont vous avez cliqué l’icône cœur.

 

C’est l’occasion, pour vous, de retrouver facilement un lien direct vers les notices (et donc les ressources) qui vous intéressent le plus. Que ce soit parce que vous suivez la création et les modifications de cette notice, ou parce que vous utilisez/appréciez la ressource concernée, vous la retrouverez alors dans la page Mon Registre.

Cette page vous permet de trier aisément l’ensemble de vos notices favorites, que ce soit par Type, catégorie ou auteur. Bien entendu vous avez la possibilité de retirer la notice de vos favoris (et donc de votre registre).

Avec une future API, il devrait être possible d’afficher tout ou partie de son registre vers un autre site web ;)

 

En attendant, vous pouvez d’ores et déjà rendre votre registre public :

  • Rendez-vous dans Moncompte / Modifier
  • Cochez « Rendre mon registre public »
  • Cliquez sur « Enregistrer » tout en bas.
  • Notez que l’adresse publique de votre register sera framalibre.org/monpseudo/favoris
Pour rédiger une chronique !

Une chronique est un texte personnel lié à une notice (et donc à la ressource qu’elle présente).

Chacun·e est libre de rédiger les chroniques qu’il ou elle souhaite, mais les usages et intérêts immédiats que nous y voyons sont :

  • Un tutoriel lié à la ressource (utilisation logicielle, matériel, etc.)
  • Un avis professionnel ou amateur sur la ressource (test, critique culturelle, impressions)
  • Des impressions ou réflexions quant à la ressource
  • Toute autre libre expression, dans le respect de nos conditions générales d’utilisations (et donc de la Loi)

 

Pour rédiger une chronique, c’est simple :

1. connectez-vous à votre compte Framalibre 2. allez sur la notice de la ressource concernée 3. cliquez sur "Rédiger une chronique sur cette notice" Pour créer / modifier une notice !

C’est le but principal : contribuer et donner des apports à l’annuaire. Mais ça mérite son propre article, non ? Rendez-vous la semaine prochaine sur le blog… ou directement dans les liens ci-dessous !

Pour aller plus loin :

Les CHATONS s’attaquent à l’oiseau Twitter grâce à Mastodon

ven, 07/04/2017 - 03:42

Mastodon, le clone libre et décentralisé de Twitter, accueille des dizaines de milliers de nouveaux membres chaque jour. Notre réponse se devait d’être collective.

Un vent de liberté qui fait du bien !

Résumons les épisodes précédents : Twitter est un réseau social centralisé, les données que vous lui confiez appartiennent à (et vont sur les serveurs de) l’entreprise du même nom. On y « tweete » publiquement de courts messages de 140 caractères (avec photos, liens, etc.) pour partager de brèves nouvelles, impressions, etc. C’est souvent le lieu de l’info rapide, des échanges évanescents et des actualités brûlantes.

Or depuis plusieurs mois, Twitter se « Facebookise » de plus en plus : la plate-forme change unilatéralement ses règles du jeu, filtre et choisit l’ordre de ce qui apparaît dans votre fil, se gonfle de pubs, répond très mal aux demandes de modération et de lutte contre le cyber-harcèlement

En fait, c’est Twitter qui nous donne les meilleures raisons de préférer Mastodon…

La semaine dernière, Twitter a imposé à ses utilisateurs et utilisatrices sa n-ième décision contestable. La plateforme a changé l’affichage des réponses, modifiant de fait les habitudes et la façon de communiquer des 320 millions de personnes inscrites sur ce réseau. Car oui : changer l’outil change le comportement, c’est même souvent le but.

Une décision unilatérale, qui a poussé des internautes à se demander :

Et si nous faisions notre Twitter mais en mieux… donc sans Twitter ?

Que Mastodon soit un effet de mode « mort-dans-deux-semaines » ou une révolution en marche sur internet, là n’est pas la question (et pour la réponse, désolé, on a paumé notre boule de cristal). Le fait est qu’aujourd’hui, plus de plusieurs dizaines de milliers personnes reprennent en main un de leurs outils sociaux (où l’on « toote » ou « pouette » au lieu de tweeter), découvrent la liberté de ne pas dépendre d’une plateforme unique (chacun peut monter son « bout » du réseau social fédéré Mastodon), choisissent de ne pas confier ses données et sa communication à une entreprise du Big Data (cotée 18 milliards en bourse), et enfin découvrent comment de simples choix (passer de 140 à 500 caractères par message) changent la manière dont on pense, se comporte, et communique avec autrui.

Heureusement, le Gouvernement d’Internet veille à nous ramener dans le droit chemin :p !

A l’heure d’écriture de cet article, près de 100 000 personnes ont un compte Mastodon, et ça grimpe. À tel point que The Verge, The Telegraph, Mashable, Wired, et même RTL, le Figaro ou M6 parlent de ce vent de liberté qui a été dynamisé par des Français…

« Comment on met les Français en sourdine ? » se demande cet anglo-saxon peu habitué à une telle présence de la langue française sur ses réseaux sociaux ;p !

 

Les CHATONS vous proposent de faire Pouet !

Il faut un maximum d’instances, c’est à dire d’endroits de confiance où s’inscrire à Mastodon. Pourquoi ? Pour ne plus répéter l’erreur d’avoir mis toutes nos données (tous nos œufs) dans le panier de Twitter, d’une part, mais surtout parce que cela répartit la charge, les responsabilités et les savoir-faire.

Pour vous, cela veut dire être libre de quitter une instance si les règles du jeu ne vous conviennent plus. Avoir le pouvoir (et la responsabilité) de devenir son propre média social, indépendant. Savoir enfin quels humains sont derrière quelle instance, parce que lorsqu’on s’y inscrit, c’est quand même à ces personnes que l’on confie nos bouts de vie numérique, donc autant savoir si on peut leur faire confiance.

cliquez sur l’image pour découvrir le collectif CHATONS

Nous vous en avons parlé dans le Framablog, nous faisons désormais partie d’un Collectif d’Hébergeurs Alternatifs qui prônent et pratiquent la Transparence, l’Ouverture, la Neutralité, et la Solidarité. Les CHATONS se sont engagés : que du logiciel libre, pas d’exploitation de vos données ni de pub profilée, ouverture, transparence et neutralité, bref… ce collectif propose des services web éthiques, et humains.

Il nous semblait évident que, Mastodon étant une fédération logicielle (on vous en reparle la semaine prochaine), la proposition devait venir du collectif, et non simplement de Framasoft. Du coup, voici une première portée de CHATONS (ou de futurs CHATONS ^^) vous proposant des endroits fiables et éthiques pour tester et profiter du réseau Mastodon (une « première »… en attendant la semaine prochaine ?).

Concrètement, je fais quoi pour aller sur Mastodon ?

D’abord, allez lire l’excellent « Comment débuter » écrit par Numérama, le formidable « Welcome to mastodon » de Alda que nous avons repris ici, ou gardez-les dans un coin d’onglet pour quand vous vous poserez des questions (promis, ça aide !).

Ensuite, choisissez une instance, un serveur où vous inscrire. Pour cela, plusieurs possibilités :

  1. [mode avancé] Vous allez choisir sur la liste publique des instances ;
  2. [mode j’ai de la chance] Vous utilisez le portail qui choisit une instance pour vous ;
  3. [Frama-mode] Vous préférez aller chez un des CHATONS, ou s’inscrivant dans cette démarche ? Voici ceux disponibles à ce jour, ainsi que leurs conditions :
Unixcorn

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Zaclys

Cliquez sur l’image pour accéder à leur Mastodon

  • Site Officiel
  • Mastodon : https://mastodon.zaclys.com
  • Inscriptions ouvertes, modération stricte
  • Particularités : signature dkim sur le domaine de messagerie
  • Modèle éco : gratuit ou don libre (en cours de discussion, dépend des ressources utilisées, sinon réservé adhérents)
ROFLCOPTER.fr

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Outils Conviviaux

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IndieHosters

  • Site Officiel
  • Mastodon : https://mastodon.indie.host
  • Inscriptions payantes, modération stricte
  • Modèle éco (vente de services) :
    • 10 % du chiffre d’affaire reversé à Mastodon
    • 125€/an pour une instance privée (<10 utilisateurs)
    • instance privée >10 utilisateurs – nous contacter : contact@indie.host
    • 24€/an pour un compte sur notre instance partagée

 

Enfin, il ne vous reste plus qu’à pousser votre premier Pouet, et à vous familiariser avec ce nouveau réseau !

Quant à nous, on vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour de nouvelles annonces, car il reste de nombreuses choses à dire !

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